Congo-Kinshasa: Destitution des gouverneurs - La série continue !

21 Avril 2021

Ceux qui avaient peut-être cru que la machine d'instabilité des provinces avait arrêté sa progression, peuvent déchanter. La bataille avec parfois recours aux «armes lourdes» entre l'organe délibérant et l'exécutif, dont bon nombre de Congolais cherchent toujours à comprendre le bien-fondé, continue à faire du chemin dans la plupart des provinces du pays.

L'accalmie observée n'était que de courte durée et était due, d'après les analystes, au tsunami qui a sérieusement secoué la famille de l'ancien président de la République Joseph Kabila dont la quasi-totalité des gouverneurs des provinces sont issus.

Hélas, contre toute attente, les pêcheurs en eaux troubles qui ne jurent que par le blocage du pays et activent tous les mécanismes en leur possession pour ne permettre la RDC de décoller, ont repris du boulot. Celui de créer l'instabilité des provinces par la destitution en chaîne des chefs des exécutifs provinciaux.

Actuellement, près d'une dizaine de provinces se trouvent plongées dans l'instabilité. Car, soit c'est le gouverneur qui est visé et déchu, soit c'est le président de l'assemblée provinciale.

Pour l'illustration, la province du Kasai Central est sans gouverneur depuis plus d'une année depuis que Martin Kabuya a été déchu de ses fonctions par l'organe délibérant. Le vice-gouverneur Kamukunyi, qui assumait l'intérim, est décédé l'année dernière. La gestion de la province est actuellement entre les mains d'un directeur provincial désigné par le ministre de l'Intérieur sortant, pour assurer l'intérim.

Le Kasai Oriental voisin vient de connaître le même sort. Son gouverneur, Jean Maweja Muteba a été destituée la semaine écoulée par l'assemblée provinciale. C'est Jeannette Longa qui était jusque là vice-gouverneur qui assure l'intérim.

Jean Bamanisa qui avait échappé de justesse à cette machine de destitution l'année passée, vient d'être rattrapé. Il a été déchu de ses fonctions de gouverneur de la province de l'Ituri il y a peu. Idem pour son homologue Wale Lufungola de la province de la Tshopo.

Hier mercredi, cette «guillotine» suspendue en permanente sur la tête des chefs des exécutifs provinciaux, venait d'atteindre la province du Kasai. Son gouverneur Dieudonné Pieme qui faisait déjà visé par une motion de censure, est tombé tel un fruit mûr. Sur les 27 députés provinciaux ayant participé au vote, 22 ont voté pour sa destitution contre 5 votes négatifs.

Il importe de noter que d'autres ont dû échapper à cette pratique même si les menaces restent pendantes. Dans la foulée, on pu citer dans ce chapitre la province du Kongo central et celle du Sankuru, Sud Kivu, etc. Même le chef de l'exécutif de la capitale Kinshasa n'est pas du tout tranquille face aux menaces a répétition.

En outre, il faut signaler que cette machine dangereuse de destitution mise en place et qui met les provinces dans l'instabilité ne vise pas seulement les chefs des exécutifs provinciaux ; mais également les présidents des organes délibérants ne sont pas épargnés.

Car, au moins trois provinces ont vu les présidents de leurs assemblées provinciales être déchus de leurs fonctions. C'est le cas de la province du Kongo central, celle du Haut Lomami, et tout dernièrement la province du Haut Katanga.

Les griefs reprochés sont presque les mêmes partout. D'une manière générale, ceux qui prennent de plus en plus plaisir de mettre les provinces dans l'ingouvernabilité, reprochent leurs victimes de la megestion, de l'incompétence, du mépris vis-à-vis des élus et de la population, du manque de transparence dans la gestion, de manque de collaboration avec l'organe délibérant, etc.

Dans tout ça, l'opinion veut savoir : où toutes ces destitutions nous amènent ? Quels résultats obtient-on après la destitution soit du gouverneur soit du président de l'assemblée provinciale ?

Car, rien n'a visiblement changé en termes de gouvernance de nos provinces. C'est pourquoi de plus en plus des voix s'élèvent pour déclarer l'inopportunité des assemblées provinciales, et réclament du législateur leur suppression pure et simple. Sinon, les provinces ne seraient jamais gouvernés.

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: Le Phare

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X