Ile Maurice: Utiliser la technologie digitale automatisée pour faciliter les aspects financiers ennuyeux du business

Automatiser, grâce à la technologie digitale, toutes les tâches financières manuelles, qui pèsent aux entreprises, c'est ce qui a poussé Neha Gunnoo à quitter sa zone de confort dans le domaine de la gestion de projets pour lancer, avec son complice, le développeur web Nayar Joolfoo, la start-up LeFin Tech Ltd. Son portrait à l'occasion de la Journée mondiale des jeunes filles dans le secteur des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC).

Cette Curepipienne de 27 ans, qui a étudié au collège Hindu Girls et dont l'intérêt grandissant pour la technologie digitale et l'innovation l'a poussée à étudier à l'université de Maurice et obtenir un Bachelor in science en Management with Business informatics, aurait pu avoir poursuivi son parcours dans la gestion des projets. Elle a commencé à AfrAsia d'abord puis continué à Accenture Technology et finalement à la Barclays, rebaptisée ABSA depuis.

Mais au fur et à mesure que le temps passait, elle a développé une passion pour le marketing numérique, prenant des cours en ligne pour obtenir les certifications Google Academy, HubSpot Academy, SemRush et bien d'autres pour améliorer ses compétences dans le domaine. «Je me suis mise à travailler en freelance durant le week-end pour gagner en expérience sur différents projets et clients.» A force de se perfectionner, elle est devenue une experte en développement de stratégies de marques, en optimisation de moteurs de recherches et en marketing digital.

Une fois ces compétences réunies, elle a décidé de voler de ses propres ailes. «Lorsque mon ami et complice Nayar Joolfoo et moi avons vu comment les petites et moyennes entreprises luttaient avec leurs activités comptables, nous avons décidé de les aider.»

Neha Gunnoo a alors fait le saut, pour ainsi dire dans le vide, abandonnant son emploi de 9 à17 heures et sa sécurité d'emploi pour se lancer comme consultante en marketing et jeter les bases de ce qui allait devenir leur start-up, LeFin Tech Ltd.

Ce qui lui plaît le plus avec la technologie financière automatisée, ce sont toutes les possibilités qu'elle offre en matière d'innovation. «De l'agent conversationnel (chatbot), qui prend des commandes ou effectue une réservation pour vous dans un restaurant, au portail de paiement numérique et au financement communautaire (crowdfunding), les possibilités en matière d'innovation sont infinies», dit-elle.

Elle et son complice participent d'abord à l'édition 2019 du Test Drive, incubateur d'idées du groupe ENL et ils se classent parmi les finalistes. Et en janvier 2020, ils enregistrent leur start-up Le FinTech Ltd et font leur incubation à Turbine 2020. «Notre période d'incubation est terminée et nous sommes en phase d'accélération du programme de Turbine 2021.»

Les tâches sont bien réparties entre partenaires à Le FinTech Ltd. Si elle applique son expertise en marketing digital, Nayar Joolfoo s'occupe de la recherche et du développement du produit. Le premier produit que Le FinTech Ltd a lancé est LePocketCFO, agent conversationnel autonome générant des devis, des bons de commande et des reçus via une simple interface de chat.

Leur deuxième produit, développé lors du premier confinement, est LePocketShop, agent conversationnel autonome, qui prend les commandes pour le compte des boutiques et des restaurants. Y est intégré un portail de paiement numérique permettant aux clients de payer par cartes de crédit ou de débit. «C'était notre façon d'aider l'économie en fournissant une solution simple, à savoir aligner tous les articles d'une boutique sur Facebook pour permettre aux consommateurs de passer leur commande d'une traite. C'est ça la transformation digitale.»

Mais Le FinTech Ltd offre aussi des agents conversationnels automatisés taillés sur mesure, par exemple un chatbot intégré à un site web pour offrir une expérience ininterrompue aux visiteurs, un autre pour répondre à leurs demandes et questions, un chatbot pour fournir des devis aux clients d'une compagnie d'assurance ou encore un autre pour recueillir de façon efficace la réaction des clients. «Notre technologie de chatbot est flexible et peut s'intégrer à d'autres applications comme la gestion de la relation clientèle (Customer Relationship Management) ou la planification des ressources de l'entreprise (Enterprise Resource Planing). Elle peut s'adapter à différents modèles de business et à une multitude d'entreprises. Elle fonctionne 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, est conviviale et effectue son travail efficacement et permet aux responsables de se concentrer sur d'autres aspects du business.»

Elle est ravie de la façon dont se développe Le FinTech Ltd, qui a d'ailleurs été nommée Meilleure start-up de l'année 2020 lors des Mauritius Business Awards. «Nous avons recruté un employé à plein temps et même des stagiaires.»

Est-ce difficile pour elle de convaincre les clients vu le fait d'être une jeune femme ? «Je dirai qu'avec les compétences voulues, n'importe qui peut faire la promotion de sa start-up et de ses produits. L'élément essentiel est d'avoir confiance en soi et dans les produits et services que l'on propose aux consommateurs. Si vous savez que vos produits feront une différence dans la vie des entreprises, il faut leur montrer vos produits.»

Si elle avait un conseil à donner aux jeunes filles qui s'intéressent aux TIC, c'est que «tout est une question de passion. Si vous avez la passion pour la technologie, l'innovation et le digital, lancez-vous ! Ma devise est 'Aimez ce que vous faites et faites ce que vous aimez... »

Plus de: L'Express

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