Sénégal: Ramadan et alimentation - Le «gras» est à bannir

Les perturbations ou bouleversements inhérents au Ramadan, ce quatrième des cinq piliers de l'Islam marqué par le jeûne de 29 ou 30 jours consécutifs observé de l'aube au coucher du soleil, ce n'est pas que dans le travail et autres secteurs d'activités socioéconomiques. Un changement des habitudes alimentaires est aussi observé dans beaucoup de familles sénégalaises, en cette période de mois béni. Le fait de ne manger qu'à partir du soir est la cause de ce changement. Un régime équilibré est recommandé et la consommation d'aliments riches en glucide est à éviter, pour être en bonne santé.

Le mois de Ramadan au Sénégal est une période durant laquelle les habitudes alimentaires changent. Si certains préfèrent garnir leurs tables de délicieux mets, d'autres privilégient les plats équilibrés. Le Ramadan étant une période où l'on ne mange qu'à partir du soir, l'observation du jeûne de l'aube au coucher du soleil oblige, la consommation de certains aliments n'est pas recommandée. «Les habitudes alimentaires changent en période de Ramadan. On ne peut pas se permettre de manger trop gras en cette période ou des plats à base de pâte d'arachide. Il faut les éviter, surtout qu'en cette période, les gens préfèrent diner tard. Je vis avec des personnes âgées ; donc, je préfère préparer des plats sains au «ndogou» qui me permettront de bien manger à l'heure du diner. Il arrive que je prépare une petite sauce avec des épices naturels ou des œufs (repas froid). Pour le diner, je prépare des fois du riz au poisson, du vermicelle sénégalais ou du couscous. Il faut aussi boire beaucoup d'eau ou prendre des jus naturels», explique Gnagna Ndaw Fall, une étudiante, nouvellement mariée. Cette attention que cette jeune femme porte à l'alimentation en ce mois béni est partagée par Aïcha Baldé.

Cette commerçante pense que la mauvaise alimentation est due au fait de jeûner toute une journée qui pousse certains à se «gaver» à la rupture. «Le fait de rester plusieurs heures sans mettre quelques sous la dent est souvent ce qui poussent certains à vouloir manger beaucoup à la rupture du jeûne. Ce qui peut être dangereux pour notre organisme. Au «ndogou», je démarre toujours avec une tasse de café, avant de manger. Ensuite, je prends du thé, ça me permet de mieux digérer ce que j'ai consommé. Des plats comme le «mafé» (plat fait à base de pâte d'arachide) sont à éviter. Ils sont gras, donc mauvais pour ma santé».

Chez les sportifs, un programme alimentaire bien défini est primordial pour éviter de prendre ou de perdre du poids durant le Ramadan. «En tant que coach, je respecte mon alimentation. Je ne mange pratiquement pas de pâtes. Si je dois en manger, je le fais une fois dans la semaine parce qu'elles contiennent quand même des éléments dont notre corps a besoin. Tous les plats que je cuisine, depuis le début du Ramadan, contiennent de la salade. En plus, j'évite de frire les aliments. Je préfère les cuire au four ou avec de l'eau. La friture favorise le gras», conseille Yacine Diouf, coach sportif. Le plus difficile en ce mois de Ramadan est de respecter les trois repas quotidiens.

Pour Ibrahima Niang, un agent des Sapeurs-pompiers, consommer beaucoup de nourritures au «ndogou» est la cause du non-respect de la prise des trois repas recommandés. «Je ne mange pas beaucoup à la rupture du jeûne. Je préfère prendre quelque chose qui me permet de digérer. J'aime faire du sport entre le «ndogou» et le diner. Ça me permet de contrôler mon taux de sucre et ça me donne aussi de l'appétit au diner. Ceux qui consomment beaucoup de choses à la rupture du jeûne sont souvent ceux qui perdent le plus de poids à la fin du Ramadan. Au moment du diner, ils ne ressentent pas trop de faim ; donc, ils préféreront sauter ce repas qui est essentiel.».

CIRE MADY FALL, DIETETICIEN-NUTRITIONNISTE : «Le repas de l'aube est indispensable durant le mois de Ramadan»

Pour Ciré Mady Fall, diététicien nutritionniste, il faut respecter la prise des trois repas quotidiens durant le mois de Ramadan. «Il est important de respecter les trois repas quotidiens que sont le «kheud» (repas de l'aube), le «ndogou» (celui de la rupture du jeûne) et le diner qui doit être pris deux à trois heures après le «ndogou».

Il est très important aussi de ne pas oublier le repas de l'aube (kheud) qui doit être bien structuré afin d'éviter l'hypoglycémie qui est très fréquent en période de Ramadan. Le «kheud» est indispensable parce que c'est là que l'organisme va puiser toute l'énergie nécessaire pour tenir toute la journée. Si ce repas est sauté, ça peut entrainer des cas d'hypoglycémie et, parfois même, des malaises. Au moment de la prise de ce repas, il ne faut pas oublier de prendre de l'eau, un jus de fruit naturel ou une tisane pour éviter la déshydratation. Un féculent pour les apports en énergie est aussi nécessaire. C'est ce qui va nous permettre d'être en forme dans la journée et de vaquer à nos activités quotidiennes. Ça peut-être du pain, des biscottes, les bouillis de céréale... On peut aussi prendre des pâtisseries comme des croissants, des cakes, entre autres. On peut aussi avoir un complément énergétique (beurre, chocolat, confiture, miel), au besoin», explique M. Fall.

Selon le diététicien-nutritionniste, les fruits et légumes sont indispensables à l'organisme, surtout en cette période de jeûne du mois béni. «On a tendance à oublier ces éléments qui sont essentiels à notre alimentation car ce sont les fruits et légumes qui nous procurent des vitamines, des sels minéraux. Ils renforcent notre système immunitaire en fibres alimentaires et nous évitent la constipation qui est très fréquent durant le Ramadan. Une source de protéines également est nécessaire pour le maintien de la masse musculaire. Ça peut-être de la viande, du poisson, de la volaille, des œufs... »

Par contre, il conseille d'éviter de consommer des aliments qui sont frits et trop riches en glucides. «Durant le mois de Ramadan, il faut éviter de manger trop gras, trop sucré et trop salé. Il faut aussi éviter de surcharger le tube digestif au «ndogou». L'objectif du «ndogou» doit être de satisfaire la faim et la soif, en mangeant équilibré. On peut commencer avec trois dattes pour revigorer l'organisme. Ensuite, prendre une boisson chaude (lait, tisane), accompagnée de pâtisserie. Manger sainement à la rupture du jeûne permettra, deux ou trois heures plus tard, de pouvoir prendre un repas équilibré au diner (plat protidique)».

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