Tchad: Transition - Appels au dialogue

Un comité de 15 généraux est mis en place et assure la continuité de l'Etat.

La première nuit à N'Djamena, sans le maréchal Idriss Deby Itno, a été calme. Le peuple porte l'affliction relative au décès, annoncé mardi dernier, de son chef d'Etat, lequel sera porté en terre demain vendredi. Un deuil national de 14 jours a été décrété par le Conseil militaire de transition (CMT), l'organe qui a rendu publique la triste nouvelle. Le CMT s'est constitué pour assurer la continuité de la République. Il est composé de 15 officiers généraux présidé par le général de corps d'armées, Mahamat Idriss Deby, le fils du défunt président.

Outre le deuil national décrété, d'autres décisions importantes ont déjà été prises par le CMT pour montrer que le pouvoir est exercé. La désignation de ses membres a été le premier acte. On peut aussi citer, la suspension de la constitution, la dissolution du parlement et du gouvernement de même que l'instauration d'un couvre-feu de 18h à 5h du matin. Les soldats qui quadrillent la capitale, la fermeture des frontières terrestres et aériennes, depuis le décès du chef de l'Etat, sont aussi à mettre à l'actif du CMT.

Visiblement, les tractations pour la succession ont commencé. Il y a un enjeu des plus importants : le maintien de la paix, voire la suture de la cohésion nationale. Le CMT se donne 18 mois pour organiser de nouvelles élections. Faut-il le rappeler le défunt président range son arme le lendemain de l'annonce par la Commission électorale nationale indépendante de sa victoire à la présidentielle du 11 avril dernier. Des informations crédibles affirment que depuis mardi, des émissaires du CMT ont entrepris des pourparlers avec les acteurs politiques de haut calibre pour obtenir leur soutien. L'organe en a besoin pour ne pas laisser la porte ouverte à la dégradation d'une atmosphère sociale déjà très éprouvée.

Evidemment, tout le monde ne voit pas d'un bon œil la mise en place du CMT. D'aucuns dénoncent le recul de la démocratie ou le non-respect des institutions de la République. L'Union européenne appelle à une transition limitée et à un retour rapide à l'ordre constitutionnel. L'opposant tchadien, Succès Masra, souhaite un dialogue entre toutes les intelligences et un avenir assuré par les civils et une armée aux côtés du peuple et de la République. L'opposant Succès Masra, président des Transformateurs, a appelé les Tchadiens au dialogue inclusif pour une mise sur pied des organes de la transition au Tchad.

Un autre opposant, Saleh Kebzabo qui fut ministre sous la présidence d'Idriss Déby à la fin des années 1990, a appelé les forces vives de la nation à «l'union sacrée», à « la responsabilité » et à « la concertation » pendant cette période de transition où le pouvoir a été pris par le général Mahamat Idriss Deby. L'un des grands faits d'arme de ce dernier remonte en 2013 à la tête de la troupe tchadienne déployée pour soutenir une intervention militaire française au Mali. Le nouvel homme fort était directeur général des services de sécurité des institutions de l'Etat (DGSSIE). Idriss Deby Itno sera inhumé à D'Amdjarass, son village natal. Le président français Emmanuel Macron annonce sa présence.

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