Congo-Brazzaville: Port de Yoro - Les travaux exécutés à 27%

Les travaux d'aménagement du vieux port de Yoro situé à Mpila, dans le 5e arrondissement de Brazzaville, et dont le coup d'envoi a été donné en avril 2018 par le chef de l'Etat congolais et le Roi Mohammed VI du Maroc, sont exécutés à hauteur de 27%.

L'état d'avancement des travaux se présente de la manière suivante : 98% d'installation du chantier. Le hall aux poissons, les locaux sociaux des collectifs, les locaux administratifs, les espaces de vente et magasins des pêcheurs, enfin, les ateliers mécaniques sont des bâtiments en cours de réalisation.

Le ministre de l'Agriculture et de l'élevage, Henri Djombo, et son homologue chargé de l'Aménagement du territoire et des Grands travaux, Jean Jacques Bouya, ont fait le constat lors d'une visite du chantier, le 22 avril.

« ... Les conditions dans lesquelles les poissons sont vendus ne sont pas du tout commodes. Il va falloir s'adapter au respect des règles d'hygiène alimentaire avec les infrastructures qui conviennent, notamment le froid, mais aussi une meilleure organisation des pêcheurs et des vendeurs de poissons. Les travaux sont avancés, nous sommes satisfaits », a indiqué Henri Djombo.

Pour Jean Jacques Bouya, les engagements du royaume du Maroc sont honorés. La responsabilité reste du côté du gouvernement congolais d'aménager les voies d'accès aux installations. « Nous devons les aménager en temps et en heure pour que ce grand projet soit rendu disponible la fin de cette année. Cet engagement demande à ce que toutes les expropriations soient faites à temps. On mettra tout en œuvre pour que cela soit ainsi », a-t-il rassuré.

Fruit d'une coopération agissante entre le Maroc et le Congo, le port de Yoro dont le coût estimé à deux milliards de francs CFA est entièrement financé par le royaume chérifien en vue d'améliorer les conditions de travail des pêcheurs, de lutter contre la précarité et la pauvreté et, enfin, d'augmenter les performances économiques de la pêche artisanale au Congo.

Prévu sur une superficie de plus d'un hectare au bord du fleuve Congo, le port de Yoro qui servira aussi de cadre pour l'organisation et l'encadrement de la profession de la pêche, sera doté de 150 magasins, d'une chambre froide, d'un atelier mécanique, d'un local de matériel de pêche ainsi qu'un atelier de réparation des pirogues.

Les bénéficiaires directs de ce projet sont : plus de 3 000 femmes vendeuses et 500 marins pêcheurs, qui utilisent parfois des pirogues abîmées et des baleinières au toit parfois percé, sont convaincus que leur centre d'activités va sortir de son état embryonnaire.

En amont du Beach, le port fluvial de Yoro fait partie de Mpila, dévasté par les explosions en 2012 et dont l'activité économique est toujours en quête d'un nouveau souffle.

Née le 7 février 1893 au Sénégal, Yoro Thiam débarqua au Congo dans les années 1920 dans le cadre de la construction du chemin de fer Congo-Océan, dont il était chef de chantier. À la fin des travaux, il confia à Raphaël Antonetti, le gouverneur général de l'Afrique-Équatoriale française (AEF), devenu son ami, qu'il venait d'une famille de pêcheurs.

À l'époque, les locaux ne pratiquaient que la pêche à l'épervier sur de petites pirogues. Aussi, Antonetti encouragea Yoro Thiam à lancer « la grande pêche » sur le Congo et lui octroya un vaste terrain le long du fleuve, dans le quartier de Mpila. C'est ainsi que « Baba » (surnom que lui a donné la communauté musulmane de Brazzaville) a introduit la pêche à grande échelle sur le fleuve (utilisant des filets de 800 m de diamètre), et qu'est né le port qui porte encore son nom.

Yoro Thiam est décédé le 25 février 1975.

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