Afrique: Participer à l'élaboration des politiques - Quelles possibilités dans la région NEN et au-delà

communiqué de presse

Trop souvent, des règles et des lois dépassées font obstacle à la trajectoire de développement durable. Un ancien règlement d'occupation des sols ou un texte obsolète régissant les associations de commerçants, par exemple, peuvent freiner considérablement le développement des zones rurales. Dans un monde en mutation rapide, aux prises avec de multiples difficultés nouvelles, les pouvoirs publics doivent actualiser leurs politiques et leurs lois sans perdre de temps et avec efficacité. Si l'humanité veut atteindre les objectifs de développement durable d'ici à 2030, elle doit se trouver dans un environnement porteur à la fois souple et réactif. Une transformation socioéconomique durable passe par la réforme des politiques archaïques et leur mise en cohérence, en particulier en milieu rural. Il est temps de militer en faveur de mesures de nature à accélérer la transformation économique du monde rural, à offrir aux femmes de nouvelles perspectives d'activités rémunératrices, à renforcer la capacité des agriculteurs de faire face aux changements climatiques et à rendre les zones rurales plus attrayantes aux yeux d'une jeunesse ambitieuse.

On peut affirmer sans se tromper que le FIDA est particulièrement bien placé pour échanger avec les autorités publiques et défendre des mesures et des lois favorables aux campagnes. Le Fonds est la seule entité des Nations Unies à avoir le statut d'institution financière internationale, et c'est aussi la seule institution de ce type dont les activités soient axées sur l'agriculture et le développement rural. Presque tous ses projets sont exécutés par le truchement des pouvoirs publics, ce qui en fait à leurs yeux un partenaire fiable en matière de développement rural. Il est fréquent que les projets appuyés par le FIDA comprennent des interventions pilotes innovantes et génèrent des savoirs fondés sur des données probantes et, étant donné qu'ils sont généralement de vaste portée et de grande ampleur, ils peuvent permettre de dégager des bonnes pratiques et des enseignements qui feront référence. Enfin, le processus de décentralisation du FIDA a ouvert un certain nombre de perspectives de renforcement des opérations du Fonds aux quatre coins de la planète. Outre qu'elle a permis de rapprocher le Fonds des projets en cours, d'améliorer la visibilité et de favoriser les partenariats au niveau infrarégional, la décentralisation a élargi les perspectives de participation à l'élaboration des politiques au niveau national et régional.

Le FIDA élargit ses travaux d'élaboration des politiques dans la région Proche-Orient, Afrique du Nord, Asie centrale et Europe centrale

Conscient de l'importance que revêt la participation à l'élaboration des politiques, le FIDA s'est récemment intéressé de plus près à ces travaux, dans le cadre de projets, mais aussi d'activités hors prêts, en particulier dans la région Proche-Orient, Afrique du Nord, Asie centrale et Europe centrale.

En Tunisie, le Fonds appuie la mise au point d'une stratégie relative aux parcours en participant à la rédaction d'un document de stratégie sur les pratiques durables de gestion des parcours dans le cadre de deux de ses projets en cours. En Géorgie, il contribue au plan national d'adaptation aux changements climatiques pour le secteur agricole, à l'évaluation de l'impact de la réglementation menée dans le cadre du projet de loi sur les brise-vent, et au projet de loi sur la protection des sols. Dans le même ordre d'idées, la République de Moldova prévoit de mettre au point un cadre réglementaire applicable aux institutions financières privées, et le FIDA est en situation de prendre part à son élaboration. En Égypte, un document d'orientation sur l'intégration de l'agriculture numérique sera élaboré dans le cadre du Programme de transformation durable pour la résilience agricole en Haute-Égypte, conformément aux priorités du pays et à la Stratégie relative aux technologies de l'information et des communications au service du développement adoptée par le FIDA.

L'action menée par le FIDA à cet égard porte déjà ses premiers fruits. Au Tadjikistan, par exemple, une série de tables rondes et de débats publics organisés en collaboration avec le Ministère de l'agriculture et le Parlement ont abouti en 2019 à l'actualisation de la loi sur les pâturages.

Le FIDA ne s'est pas cantonné au niveau local et a aussi agi au niveau régional. Organisé tous les trois ans, le forum régional du FIDA sur la région Proche-Orient, Afrique du Nord et Europe constitue de longue date une importante tribune propice aux échanges d'idées et au transfert de savoirs entre les unités de gestion de projet venues de divers pays. Par ailleurs, le partenariat noué entre le Fonds et l'Organisation internationale du Travail a permis d'importants progrès en matière d'égalité femmes‑hommes dans les zones rurales du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, grâce à l'amélioration du suivi-évaluation. Cette initiative a contribué à renforcer la capacité de mesurer les résultats, en particulier en ce qui concerne l'autonomisation des femmes, grâce à l'utilisation d'outils tels que l'indice d'autonomisation des femmes dans l'agriculture, à l'appui fourni aux travaux de recherche sur l'impact pour les femmes rurales des interventions portant sur l'égalité femmes-hommes et l'emploi, et au lancement d'une concertation sur les politiques publiques à l'intention des pouvoirs publics, des employeurs et des travailleurs en vue de diffuser les conclusions de ces travaux.

Le FIDA souhaite également contribuer à des initiatives régionales en collaboration avec d'autres entités des Nations Unies, en particulier les organismes ayant leur siège à Rome. Le FIDA fait actuellement partie du cadre stratégique "faim zéro" dans la région arabe, aux côtés de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), du Programme alimentaire mondial, de la Ligue des États arabes et de la Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale. En outre, il sert de principale plateforme d'échange de savoirs dans le cadre de l'Initiative régionale sur la pénurie d'eau au Proche Orient et en Afrique du Nord, mise en place par la FAO. À ce titre, il veille à la complémentarité et à la cohérence des activités menées dans toute la région. Sous la direction du Programme des Nations Unies pour l'environnement, le FIDA contribue également à la deuxième édition des Perspectives de l'environnement pour la région arabe, afin de faire en sorte que l'agriculture et le développement rural soient considérés comme des domaines prioritaires pour la région.

De nouvelles possibilités de participer à l'élaboration des politiques

Les politiques appliquées actuellement à l'échelle nationale et régionale continuent d'être remises en question sous l'effet des événements que nous vivons déjà ou de ceux qui s'annoncent, tels que les changements climatiques ou la pandémie de COVID-19. Toutefois, qui dit difficultés dit aussi possibilités.

Cinq années s'étant déjà écoulées depuis le lancement du Programme 2030, nombre de gouvernements vont chercher à réexaminer leurs politiques, y compris celles qui concernent l'agriculture et le développement rural, en vue d'atteindre les objectifs de développement durable. Pour le FIDA, c'est une excellente occasion d'user de son influence pour faire évoluer ces politiques dans le cadre des projets en cours et de ceux dont la conception vient de s'achever.

La nouvelle génération de contributions déterminées au niveau national, c'est-à-dire les contributions que chaque pays s'engage à apporter en vue de la réalisation des objectifs fixés dans l'Accord de Paris, est également en cours d'élaboration. Chaque nouvel ensemble de contributions donne au FIDA la possibilité de souligner encore la nécessité de prendre en considération non seulement la question de l'adaptation et de l'atténuation dans le secteur agricole, mais aussi d'autres domaines essentiels de ses interventions, tels que la promotion de modes d'alimentation durables, qui sont autant de piliers de l'action climatique.

Enfin, la crise liée à la COVID-19 a déjà bouleversé les politiques économiques, sociales et sanitaires, avec des répercussions dans tous les secteurs. Les solutions à court terme, comme le Mécanisme de relance en faveur des populations rurales pauvres mis en œuvre par le Fonds, aident actuellement les pays à faire face à la crise. Néanmoins, in fine, la participation à l'élaboration de politiques à long terme sera essentielle pour aider les économies rurales à se remettre des conséquences de la crise et à se reconstruire en mieux.

Découvrez l'approche du FIDA en matière de contribution à l'élaboration des politiques.

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