Afrique: Examen par le Comité consultatif mondial de l'OMS pour la sécurité des vaccins (GACVS) des dernières données disponibles sur de rares troubles de la coagulation sanguine survenus après administration du vaccin anti-Covid-19 d'AstraZeneca

Vaxzevria et Covishield

De très rares événements indésirables d'un type nouveau appelés « syndrome de thrombose-thrombocytopénie » (Thrombosis with Thrombocytopenia Syndrome - TTS) et entraînant des troubles inhabituels et graves de la coagulation sanguine associés à une numération plaquettaire basse, ont été signalés après l'administration des vaccins Vaxzevria et Covishield contre la COVID-19. La Brighton Collaboration est en train d'élaborer une définition de cas spécifique pour le TTS.[1] Elle permettra d'identifier et d'évaluer les événements signalés, et de déterminer la relation de cause à effet.

Le mécanisme biologique de ce syndrome fait encore l'objet de recherches. Si, à ce stade, l'existence d'un mécanisme propre à la technique de production des vaccins à vecteur adénoviral n'est pas avérée, elle ne peut être exclue. L'examen des cas et les recherches connexes devraient couvrir l'ensemble des vaccins à vecteur adénoviral. Le GACVS a noté qu'une enquête a été ouverte sur l'apparition du TTS après l'administration du vaccin de Johnson & Johnson aux États-Unis. Ce syndrome ne semble pas associé aux vaccins à base d'ARNm (comme Comirnaty de Pfizer-BioNtech ou mRNA-1273 de Moderna).

D'après les dernières données disponibles, le risque de développer un TTS avec les vaccins Vaxzevria et Covishield semble très faible. Les données provenant du Royaume-Uni font état d'un risque d'environ quatre cas pour un million d'adultes vaccinés (1 cas pour 250 000), et d'environ 1 pour 100 000 dans l'Union européenne (UE). Les pays qui évaluent le risque de TTS après la vaccination contre la COVID-19 doivent effectuer une analyse bénéfice-risque tenant compte de l'épidémiologie locale (y compris l'incidence et la mortalité associées à la COVID-19), des groupes d'âge ciblés par la vaccination et de la disponibilité d'autres vaccins.

Des travaux sont en cours pour comprendre les facteurs de risque de TTS. Des chercheurs étudient les taux de TTS en fonction de l'âge.[2] Le GACVS est favorable à la poursuite des recherches pour comprendre le risque lié à l'âge, car si les données disponibles semblent indiquer un risque accru chez des adultes plus jeunes, une analyse plus approfondie s'impose. En ce qui concerne le risque sexospécifique, même si un plus grand nombre de cas ont été signalés chez des femmes, il est important de souligner que davantage de femmes ont été vaccinées et que quelques cas de TTS ont également été signalés chez des hommes. Par conséquent, une analyse plus approfondie est nécessaire pour déterminer l'existence d'un risque sexospécifique. Le GACVS recommande de poursuivre les études épidémiologiques et cliniques, ainsi que l'étude du mécanisme pathologique, afin de comprendre parfaitement le TTS.

La survenue de thromboses à des endroits spécifiques (comme le cerveau et l'abdomen) semble être une caractéristique essentielle du TTS. Les cliniciens doivent surveiller la survenue de céphalées sévères et persistantes ou d'autres symptômes significatifs, comme des douleurs abdominales sévères et un essoufflement, qui se manifestent entre 4 et 20 jours après l'administration d'un vaccin anti-COVID-19 à vecteur adénoviral.

Au minimum, les pays devraient encourager les cliniciens à mesurer le niveau des plaquettes et à réaliser des examens radiologiques appropriés dans le cadre des enquêtes sur les cas de thrombose. Les cliniciens doivent également savoir que, même si l'héparine est généralement utilisée pour traiter les caillots sanguins, l'administration d'héparine peut être dangereuse dans le cas d'un TTS. Il convient par conséquent d'envisager un autre traitement, comme les immunoglobulines et les anticoagulants ne contenant pas d'héparine.

Le risque de ces effets indésirables rares peut être différent selon les régions. Il est donc important d'évaluer les cas potentiels de TTS dans TOUS les pays. Ces derniers sont encouragés à examiner, signaler et enquêter sur tous les cas de TTS survenant après l'administration d'un vaccin anti-COVID-19. Ils doivent évaluer les cas en fonction de l'apparition d'un syndrome de thrombose-thrombocytopénie et du délai de survenue après la vaccination, en utilisant la définition de cas de la Brighton Collaboration pour le TTS.

Si l'on dispose de quelques informations sur les vaccins Comirnaty, Moderna (mRNA-1273), Vaxzevria et Covishield, on a en revanche peu de données de surveillance après la mise sur le marché des autres vaccins anti-COVID-19 et en provenance des pays à revenu faible ou intermédiaire. Le GACVS recommande vivement à tous les pays de procéder à une surveillance de l'innocuité de TOUS les vaccins anti-COVID-19 et de communiquer des données à leurs autorités locales et à la base de données mondiale de l'OMS des rapports d'innocuité sur les cas individuels. Ces données sont nécessaires de toute urgence pour étayer les recommandations fondées sur des données probantes concernant ces vaccins vitaux.

Une communication ouverte, transparente et fondée sur des données probantes concernant les avantages et les risques potentiels pour les bénéficiaires et la communauté est essentielle afin de préserver la confiance. L'OMS effectue un suivi rigoureux du déploiement des vaccins contre la COVID-19 et continuera de collaborer étroitement avec les pays afin de gérer les risques potentiels et de s'appuyer sur les connaissances scientifiques et les données pour orienter la riposte et les recommandations.

[1] https://brightoncollaboration.us/draft-case-definition-of-thrombosis-and-thromboembolism/

[2] https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/976877/CovidStats_07-04-21-final.pdf

Plus de: WHO

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X