Tchad: L'opposition appelle à manifester, des incidents signalés à Ndjamena

Rues de N'Djamena, la capitale tchadienne.

La transition tchadienne a donc choisi hier lundi son Premier ministre. Le chef du Conseil militaire de transition, Mahamat Idriss Deby, a nommé Albert Pahimi Padacké à cette fonction. Un choix accueilli diversement. Certains mouvements d'opposition et de la société civile ont annoncé des manifestations ce mardi et de premiers incidents ont été signalés.

La désignation d'Albert Pahimi Padacké comme chef du gouvernement de transition a été une nouvelle surprise pour les Ndjamenois qui s'attendaient à ce qu'un nouveau visage politique prenne les rênes de l'exécutif. « On fait du neuf avec du vieux », nous lance un commerçant du marché à mil. « Ça nous montre que rien ne va changer » nous dit une vendeuse. un peu plus loin.

L'opposition et la société civile ont décidé de faire pression ce mardi sur le comité militaire de transition et exiger sa démission. La coalition d'opposition et de la société civile Wakit Tamma appelle à manifester contre la transition actuelle menée par les militaires.

Incidents à Ndjamena

Des manifestants se sont réunis très tôt ce mardi matin notamment dans les 7ème et 9ème arrondissements malgré l'interdiction de manifester des autorités, rapporte notre correspondante, Aurélie Bazzara-Kibangula. Coups de sifflets et pancartes en main où l'on peut lire « Non à une monarchie au Tchad ». Des pneus ont également été brûlés dégageant une épaisse fumée noire. Des gaz lacrymogènes ont été tirés pour disperser ces groupes de manifestants.

Abbas Alhassan, un des cadres de la Convention tchadienne pour la défense des droits de l'homme, l'organisation de Mahamat Nour Ibedou, membre de Wakit Tamma, nous expliquait hier, au micro de nos envoyés spéciaux, François Mazet et Boris Vichith, pourquoi il allait manifester et lançait un appel aux forces de sécurité.

Nous ne sommes pas armés, ni violents ! Nous exerçons un droit reconnu par la Constitution. nous manifestons notre colère pacifiquement

Abbas Alassane lance un appel aux forces de sécurité

Dans la classe politique, tous s'accordent à dire que le défi d'Albert Pahimi Padacké est de taille : convaincre opposition et société civile de former un gouvernement d'union nationale. Un défi qu'il doit relever en quinze jours selon la charte de transition.

Plus de: RFI

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