Congo-Kinshasa: Les élèves poursuivent leur sit-in à Beni

Les élèves du primaire et du secondaire rappellent à Félix Tshisekedi sa promesse de suivre les opérations militaires contre les groupes rebelles.

Ce sit-in fait suite aux journées villes mortes initiées par les organisations de la société civile de Beni, Butembo et Luberoqui réclament le départ de la mission militaire de l'Onu, la Monusco, dont ils dénoncent l'inefficacité à empêcher les massacres de civils commis par les groupes armés.

Le mouvement a été suspendu après une dizaine de jours de mobilisation.

Dans un esprit similaire qui consiste à attirer l'attention sur la situation des civils dans la région, une centaine d'élèves sont installés depuis plusieurs jours devant les bureaux du maire de Beni.

Ils comptent y rester tant que le président de la République ne viendra pas superviser sur place les opérations militaires conduites contre les rebelles ADF.

L'armée affirme qu'il existe un risque d'attaque contre ces élèves, d'où l'appel lancé aux parents par le général Peter Cirimwami, commandant des opérations militaires, afin qu'ils ramènent leurs enfants à la maison.

"Nous demandons aux parents de retirer les enfants de cet endroit car l'ennemi n'est pas connu. Il peut se vêtir en tenue civile, policière voir même militaire et causer du tort à ces enfants", explique le général Peter Cirimwami.

Des élèves plus déterminés que jamais

Ils affirment ne pas quitter la mairie de Beni qu'avec l'arrivée du chef de l'Etat, Les élèves ne croient cependant pas aux menaces d'attaque rebelle.

"Nous prions de ne pas croire aux analyses infondées de certaines autorités car elles sont capables de tout faire pour obtenir ce qu'elles veulent."

Le départ de la Monusco

Le sit-in se présente aussi comme une relève aux manifestations réclamant le retrait de la Monusco dans la région de Beni.

Mais l'armée, qui bénéficie de l'appui de la mission onusienne dans les opérations contre les rebelles ADF, pense que le temps n'est pas venu pour que cette mission plie bagages.

"Elle nous aide dans les renseignements car il est difficile de localiser les campements de l'ennemi. Mais grâce à leurs matériels, nous parvenons à les localiser. Si les manifestants demandent à la Monusco de partir, cela voudrait dire qu'ils doivent préparer le matériel à mettre à notre disposition pour ce travail. Je pense donc que ce n'est pas le moment pour la Monusco de partir", affirme, le général Peter Cirimwami.

En attendant l'arrivée hypothétique de Félix Tshisekedi à Beni, les élèves continuent de passer la nuit à la belle étoile devant la mairie. Et leur mobilisation explique que la rentrée scolaire soit encore timide dans la ville.

Plus de: DW

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