Madagascar: Blanchiment - Les opérateurs miniers véreux dans le viseur du Samifin

Le nouveau directeur général du Samifin a prêté serment, hier. Ayant assisté à la cérémonie, le chef de l'État a placé en priorité de sa mission, la traque aux opérateurs miniers malhonnêtes.

Du concret. C'est e que Andry Rajoelina, président de la République, attend du nouveau directeur général du Service de renseignement financier (Samifin), visiblement. À l'issue de la cérémonie de prestation de ce dernier, hier, à la Cour suprême Anosy, le chef de l'État, lui a confié une mission prioritaire.

En tête de la « to do list », de Mamitiana Rajaonarison, directeur général du Samifin, il y a donc la traque des opérateurs miniers véreux. Le but, selon le président de la République est d'accélérer et optimiser le rapatriement des devises générées par l'exportation des richesses malgaches, mais dont ne bénéficient pas la trésorerie publique. À l'entendre, le chef de l'État requiert que soit épinglés tous les acteurs de chaîne de ce commerce illicite de ressources minières.

« Nous avons déjà la liste de ces personnes », a martelé le président Rajoelina, à l'issue de la cérémonie d'hier. Durant son émission spéciale, diffusée sur la chaîne nationale TVM, le 20 mars, le locataire d'Iavoloha a lu une liste d'opérateurs exerçant dans le secteur minier et qui ne rapatrieraient pas les devises générés par leurs activités d'exportation. Il a souligné que cela représente un manque à gagner colossal pour les caisses de l'État.

Charge au nouveau directeur général du Samifin donc, de mobiliser son équipe de limier afin de remplir la mission confiée par le Président. D'autant plus que, le sujet lui tient, de prime abord. Pour la première fois depuis plusieurs semaines, en effet, Andry Rajoelina s'est adressé à la presse de façon impromptue, lors d'une sortie publique.

À la sortie de la salle d'audience de la Cour suprême, le président de la République a tout de suite pris l'initiative de s'adresser aux journalistes. Il d'abord indiqué que sa présence à la cérémonie d'hier, démontre l'attachement étatique pour la lutte contre la corruption et les infractions financières. Il a, ensuite, tranché dans le vif en soulignant la mission prioritaire qu'il confie au nouveau directeur général Rajaonarison.

« Je suis confiant que la nomination du nouveau directeur général du Samifin apportera une nouvelle dynamique à la lutte contre la corruption », déclare Andry Rajoelina. C'est justement, l'intention affirmé par Mamitiana Rajaonarison. Il a déjà fait forte impression lors d'une conférence de presse qu'il a donnée après la passation de service avec son prédécesseur, le 1er avril, au siège du Samifin, à Ambohijanaka.

Grands dossiers

Hier, après sa prestation de serment, le directeur général Rajaonarison a réaffirmé ses intentions. « Le défi est que les délinquants économiques aient peur de blanchir de l'argent à Madagascar », lance-t-il. Il avance le fait que dorénavant, le Service de renseignement financier partira « à la chasse », aux délinquants et ne se suffira plus aux déclarations d'opérations suspectes faites par les entités assujetties.

Outre la mission confiée par le Président, les cibles prioritaires seront les grands dossiers soutient-il. « Ce sont les grands dossiers qui ont le plus d'impact sur la vie de la population et l'économie du pays », explique le nouveau boss du Samifin. « Nous allons faire en sorte que les délinquants ne puissent pas jouir des produits de leurs méfaits. L'objectif sera donc de saisir l'argent blanchi et les biens mal acquis et les versés dans les caisses de l'État », ajoute-t-il.

Le recouvrement des avoirs illicites sera alors, la principale arme de dissuasion qui sera mise en avant par le Samifin dans la lutte contre le blanchiment de capitaux. Il s'agit justement de la principale innovation et la pièce maîtresse de l'arsenal dissuasif prévu, mais aussi répressif, prévu par le cadre juridique de la nouvelle stratégie de lutte contre la corruption, qui court jusqu'en 2025.

Une pièce manque, toutefois, au puzzle avant que cette arme dissuasive soit pleinement opérationnelle. La loi de 2016 prévoit la création d'une agence de recouvrement des avoirs illicites. C'est à elle que revient la saisie, le gel, la confiscation, la conservation et la gestion des biens mal acquis dans le cadre de la lutte contre la corruption et le blanchiment de capitaux. Une entité qui attend toujours d'être installée.

Plus de: L'Express de Madagascar

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