Ile Maurice: Audit d'une société britannique - Le «Sir Gaëtan» aurait dû être hors service depuis 2019

Le rapport de Burness Corlett - Three Quays (Southampton) Ltd (BCTQ) n'a jamais été rendu public. Mais le retour contesté de Gervais Barbeau à son poste de Port Master à la capitainerie, mercredi dernier, aura mis le feu aux poudres.

Le syndicaliste Jean-Yves Chavrimootoo de la Mauritius Ports Authority-Maritime and other Staff Union (MPA-MAO- SU) n'en démord pas. «Nous avions, au lendemain du drame, porté des accusations graves et surtout explicites à l'encontre du Port Master et de son adjoint. Nous maintenons ces accusations», explique-t-il par le biais d'un communiqué de presse, émis vendredi.

Entre-temps, le syndicat aurait pris connaissance de nombreux documents, dont trois rapports techniques qui démontrent clairement que le Sir Gaëtan aurait dû être retiré du service depuis 2019 au moins. Une information que confirment les consultants BCTQ. La société britannique a été approchée par la MPA le 17 août 2009 pour effectuer du 11 au 30 septembre un audit technique de sa flotte composée de 13 embarcations, consistant en l'inspection générale des coques de chaque navire, de l'équipement de remorquage et des systèmes électriques/électroniques des machines. Des 13 embarcations inspectées, huit se sont révélées en mauvais état. L'une d'elles : le Sir Gaëtan, construite en 1993 par la compagnie allemande Husumer Schiffswerft et d'une traction (bollard pull) de 30 tonnes.

Dans leur rapport, les consultants constatent que le remorqueur, vieux de 16 ans à l'époque, devait être réparé et conservé jusqu'en 2019. Des réparations majeures étaient nécessaires. «Le principal défaut était l'achèvement des réparations de la boîte de vitesses gravement endommagée en raison d'un fonctionnement avec une huile lubrifiante hautement émulsionnée.» Les pièces nécessaires pour reconstruire la boîte de vitesses s'élevaient à Rs 2,6 millions et elle devait être envoyée à Voith, en Allemagne. Les consultants ont également noté que la section arrière - au niveau du pont principal - était en mauvais état, diversement corrodée avec des parties trouées. Le dysfonctionnement des moteurs principaux et auxiliaires entraînait une hausse de la consommation de carburant, donc des coûts plus élevés et un entretien plus fréquent.

Des défauts ont également été notés dans l'installation électrique. Les consultants ont recommandé un système de surveillance pour permettre la détection précoce de problèmes potentiellement graves. Quant à la coque, elle était en mauvaise condition. Le coût annuel de l'entretien se chiffrait à plus de Rs 20 millions entre 2004 et 2009.

Le Sir Gaëtan a été retiré du service à sept reprises pour des périodes prolongées. La boîte de vitesses, endommagée par l'huile de graissage contaminée par l'eau de mer, a dû être démontée et inspectée par Voith. BCTQ a recommandé qu'un nouveau remorqueur de 50-70 bollard pull remplace le Sir Gaëtan en 2019.

D'autre part, le 17 août 2020, l'express a dressé un constat de l'état du remorqueur, à partir d'un rapport de Bureau Veritas, rédigé le 1er juillet de la même année, deux mois avant son naufrage au large de Poudre d'Or, par le marine surveyor Johnny Lam Kai Leung, l'un des assesseurs du comité d'enquête sur le MV Wakashio. Il a dressé une liste de toutes les réparations effectuées sur la coque et a constaté qu'une partie était complètement pourrie par la «corrosion and wastage of ship side between frames F31/ F32 - F37/38. To crop and re- place by insert». Une enquête a également été instituée pour faire la lumière sur le naufrage du Sir Gaëtan.

A La Une: Ile Maurice

Plus de: L'Express

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X