Mozambique: 30.000 personnes ont fui les violences à Palma depuis fin mars (ONU)

30 Avril 2021

Près de 30.000 personnes ont été contraintes de fuir la ville de Palma dans le nord-est du Mozambique, a annoncé vendredi l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Le HCR s'est dit « profondément préoccupé par les conséquences humanitaires liées à cette escalade rapide des violences » dans cette partie septentrionale du pays, où des « djihadistes » ont attaqué le 24 mars dernier cette ville côtière située à proximité d'un énorme projet gazier.

« Nous sommes particulièrement inquiets pour la sécurité et le bien-être des personnes les plus vulnérables parmi les déplacés, notamment les femmes et les enfants », a déclaré Babar Baloch, porte-parole du HCR, lors d'un point de presse à Genève.

Des dizaines de personnes auraient été tuées au cours de ces attaques, tandis que des milliers de personnes ont fui à pied, par la route et par la mer, signale le HCR.

« Beaucoup d'autres seraient encore pris au piège à Palma », a ajouté M. Baloch.

De son côté, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) note que plus de 1.000 personnes par jour sont arrivées dans des zones plus sûres en bus, à pied, en bateau et en avion.

Agressions physiques sur des personnes tentant de fuir les violences à bord de bateaux

« Les personnes qui ont fui ont eu à faire face à des obstacles notables en essayant de se mettre en sécurité que ce soit dans le pays ou lors de leur tentative de traverser les frontières », a précisé le porte-parole du HCR. Par ailleurs, des centaines d'enfants sont arrivés « traumatisés et épuisés après avoir été séparés de leurs familles ». Beaucoup d'autres sont venus avec leur mère.

Plus généralement, les personnes fuyant les violences arrivent sans aucun bien, souvent avec des problèmes de santé, notamment des blessures et une malnutrition sévère.

« Certaines personnes fuient encore Palma, mais comme il ne reste que quelques voies d'évacuation ouvertes, nous sommes inquiets pour ceux qui ne peuvent pas quitter la région », a détaillé M. Baloch.

A Quitunda, dans la région de Palma, le HCR a récemment recueilli des rapports faisant état de graves abus commis à l'encontre de groupes vulnérables, notamment des agressions physiques sur des personnes tentant de fuir vers des zones plus sûres à bord de bateaux.

Le conflit armé en cours dans la province de Cabo Delgado, riche en pétrole et en gaz, a entraîné de graves violations des droits, l'interruption de services essentiels et un impact sévère sur les civils, en particulier les enfants qui représentent près de la moitié de la population déplacée.

Plus de 700.000 déplacés dans les provinces de Cabo Delgado, Nampula et Zambezia

Sur le terrain, de nombreux déplacés internes ont indiqué aux équipes de l'OIM qu'elles ne souhaitent pas rentrer chez eux.

« L'OIM salue donc les efforts du gouvernement pour identifier les terres où elles peuvent se déplacer », a déclaré sa porte-parole , Angela Wells, lors d'un point de presse, relevant que l'agence onusienne travaille sur la planification et la préparation de sites à Pemba et dans d'autres régions depuis plus de deux ans, suite aux milliers de déplacements internes liés au climat dans le pays en raison des cyclones et des inondations.

A noter que près de 80% des victimes de violations des droits humains sont des femmes et des enfants à qui les équipes du HCR portent secours ainsi qu'à d'autres personnes déplacées à Pemba, Mueda, Montepuez, Negomano et Quitunda.

En collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et d'autres partenaires, le HCR oriente les enfants déplacés vulnérables vers des services appropriés pour le regroupement familial, des soins de santé mentale et un soutien psychosocial, ainsi qu'une aide matérielle.

Selon le HCR, le conflit dans le nord du Mozambique a causé depuis 2017, des dizaines de milliers de morts ou de blessés. Il a également déplacé plus de 700.000 personnes dans les provinces de Cabo Delgado, Nampula, Niassa, Sofala et Zambezia.

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