Afrique: Appels au Tchad pour une enquête sur les manifestants tués

La Commission nationale des droits de l'homme demande l'ouverture d'une enquête sur l'assassinat de manifestants par des personnes en tenues civiles.

Plusieurs témoignages rapportent en effet que des personnes en tenues civiles et se trouvant dans des voitures non immatriculées, ont ouvert le feu sur des manifestants.

Ces individus seraient à l'origine des tirs qui ont blessé et occasionné la mort d'au moins une personne. C'est le cas de Sinnan Garandi, âgé de 19 ans et élève en classe de première. Il a été abattu par un inconnu au quartier Walia, dans la commune du 9e arrondissement de N'Djamena, comme en témoigne son oncle Loum Pata.

"Sinnan Garandi est sorti manifester sa colère contre l'injustice au Tchad. Malheureusement, il a été atteint par une balle tirée depuis une voiture à vitres fumées, communément appelé V8 ici au Tchad. Une personne a tiré à bout portant sur lui. Blessé, on l'a conduit à l'hôpital. Les médecins l'ont opéré mais malheureusement, il a succombé des suites de ses blessures", raconte son oncle.

Des informations que confirme Djiddah Oumar Mahamat, le président de la Commission nationale des droits de l'homme. Pour lui, une enquête doit être rapidement conduite pour retrouver les auteurs de ces actes.

"Ce que vous dites est vrai, la même information nous a été rapportée. Il semblerait même que ce soient trois véhicules. Ces trois véhicules sont tous de marque V8 et ne sont pas immatriculés. C'est pourquoi, nous avons demandé au Conseil militaire de transition de diligenter une enquête. Parce que ce sont des gens qui ont circulé pendant un certain temps dans la foule. Donc une enquête peut permettre de savoir à qui appartiennent ces véhicules et qui était à l'intérieur. Ces véhicules ont commis assez de dégâts pendant la manifestation du 27 avril ", explique le président de la Commission nationale des droits de l'homme.

L'opposition inquiète

Une situation qui inquiète de nombreux militants de l'opposition et de la société civile tchadienne. Avocksouma Djona Atchénémou, du parti Union nationale pour le développement et le renouveau de l'opposant Saleh Kebzabo, dit craindre une guerre civile comme ce fut le cas en 1979 au Tchad.

"Ma peur à moi, c'est qu'on risque d'assister à un conflit comme celui qui s'est passé en 1979 avec les forces armées du Nord et les forces unies du Sud. Nous étions enfants mais nous avons vécu de façon douloureuse ce qu'il s'est passé. Je pense qu'il vaut mieux qu'on en parle au lieu d'avoir cette politique qui consiste à ne jamais reconnaître ce qui se passe dans notre pays. Il serait plus intéressant qu'on s'adresse au premier responsable en charge de la sécurité dans ce pays", estime Avocksouma Djona Atchénémou.

Contacté par la DW, le porte-parole du Conseil militaire de transition, le général Azem Bermandoa, a indiqué que "la police est en train de rechercher les auteurs de ces actes et qu'elle se rapprochera au moment voulu des médias pour donner plus d'information."

Dialogue politique

Une mission de la Commission de l'Union africaine est arrivée ce jeudi à N'Djamena. Une mission de sept jours destinée à faciliter le retour rapide à l'ordre constitutionnel et à la gouvernance démocratique, selon un communiqué de l'Union Africaine.

Quant à Sylvain Itté, l'envoyé spécial du Conseil présidentiel pour l'Afrique, fondé en 2017 par le président français Emmanuel Macron, il s'est entretenu avec certains Tchadiens de la diaspora. Parmi eux : Abdelkerim Yacoub Koundougoumi, le coordonnateur du Projet pour une alternance crédible au Tchad, le PACT. Pour suivre son interview à la DW, cliquez sur l'image ci-dessus.

Le Premier ministre de transition, Pahimi Padacké Albert, a pour sa part, rencontré, toujours ce jeudi, l'opposant Ngarlejy Yorongar, coordonnateur exécutif du parti Fédération, action pour la République (FAR). Une rencontre qui s'inscrit dans le cadre des consultations en vue de la formation d'un gouvernement de transition.

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