Afrique: Allocution liminaire du Directeur général de l'OMS lors de la manifestation de clôture - Global Safe Abortion Dialogue

Madame Jade Maina, Directrice exécutive du Trust for Indigenous Culture and Health, Kenya,

Madame l'Ambassadrice Delphine O, Secrétaire générale du Forum Génération Égalité 2021,

Excellences, chers collègues et amis,

Permettez-moi de remercier l'Agence suédoise de coopération internationale au développement et les co-organisateurs du Dialogue, à savoir AmplifyChange, Ipas, MSI Reproductive Choices et le Trust for Indigenous Culture and Health, de m'avoir invité à m'exprimer alors que cette importante discussion arrive à son terme.

C'est un plaisir de constater que cette manifestation s'inscrit dans le cadre du Forum Génération Égalité, qui se tiendra à Paris dans quelques mois.

À l'échelle mondiale, ce sont 121 millions de femmes qui font chaque année l'expérience d'une grossesse non désirée. Soixante pour cent de ces grossesses se terminent par un avortement.

Un avortement sur deux est réalisé dans de mauvaises conditions de sécurité dans le monde, ce qui expose les femmes concernées au risque de complications graves ou de décès.

Ces tragédies sont évitables.

La quasi-totalité des décès et des traumatismes dus à des avortements à risque pourrait être prévenue au moyen d'une contraception efficace, de l'accès à un avortement sécurisé et de la prise en charge rapide des complications par des soins intervenant après l'avortement.

L'inégalité et le manque d'accès aux services de santé de base sont la source de nombre de ces problèmes.

La pandémie de COVID-19 a aggravé les difficultés, 44 % des pays ayant signalé des interruptions dans les services de contraception, et 28 % ayant indiqué que les avortements sécurisés et les soins post-avortement avaient été perturbés.

L'OMS recommande que les systèmes de santé s'approprient des approches innovantes afin de s'assurer que les femmes soient prises en charge conformément à leurs besoins pendant la pandémie, par exemple en élargissant les possibilités de soins auto-administrés tout en garantissant un accès au savoir-faire médical, notamment par l'intermédiaire de la télémédecine.

Face aux défis actuels, les évolutions constatées ces dernières décennies sont encourageantes.

Actuellement, plus de 50 pays permettent à leur système de santé de répondre aux demandes de soins liés à l'avortement et plus de 70 pays disposent d'orientations pour les soins post-avortement.

L'OMS apporte son soutien aux systèmes de santé afin qu'ils puissent assurer la prestation de services de contraception sûrs et efficaces, qu'ils prodiguent les soins post-avortement nécessaires pour prévenir et traiter les complications, et que soient pratiqués des avortements sécurisés dans la mesure où la loi l'autorise. L'OMS tient également une base de données mondiale sur les politiques d'avortement.

Tout récemment, nous avons mis à jour la liste des médicaments essentiels pour y inscrire les médicaments utilisés pour les soins liés aux avortements sécurisés.

À l'heure actuelle, nous collaborons avec plus de 40 pays afin de les aider à adapter les lignes directrices de l'OMS au contexte local.

J'ai le plaisir de vous annoncer que les directives techniques et stratégiques consolidées de l'OMS sur l'avortement sécurisé, actualisées à partir des données probantes les plus récentes, seront publiées avant la fin de l'année.

Avant de terminer, laissez-moi vous présenter trois grandes priorités.

En premier lieu, nous devons lutter contre les inégalités et le manque d'équité sous-jacents dans nos politiques sanitaires, qui mettent en danger un si grand nombre de femmes et de jeunes filles.

Pour atteindre la couverture sanitaire universelle en s'appuyant sur la base des soins de santé primaires, il faut un accès à la contraception et aux soins liés à l'avortement sécurisé, dans la mesure où la loi l'autorise, ainsi qu'à d'autres services de santé sexuelle et reproductive.

En second lieu, ces questions ne peuvent être abordées que par l'intermédiaire de partenariats et d'une coopération entre les gouvernements, la société civile et les acteurs non étatiques.

En troisième lieu, nous devons tirer les enseignements de cette pandémie afin de pouvoir combler les lacunes de nos systèmes de santé, qui empêchent les femmes et les jeunes filles d'avoir accès à des services de santé essentiels lors de situations d'urgence.

Je vous remercie.

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