Congo-Kinshasa: Fin de la douzième épidémie d'Ebola

La République démocratique du Congo (RDC) a officiellement déclaré lundi la fin de la douzième épidémie de la maladie à virus Ebola près de trois mois après sa résurgence dans la province du Nord-Kivu.

« L'épidémie d'Ebola qui a réapparu en février est survenue neuf mois après qu'une autre épidémie dans la même province a été déclarée terminée », a confirmé dans un communiqué l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), « Il faut saluer le personnel de santé local et les autorités nationales pour leur réponse rapide, leur ténacité, leur expérience et leur travail acharné qui ont permis de maîtriser cette flambée », a déclaré la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique, notant que cette réponse s'appuie sur l'expérience du pays dans la lutte contre Ebola.

Un total de 12 cas ont été enregistrés dont un cas probable, avec six décès et des centaines de personnes vaccinées depuis la réapparition de l'épidémie le 7 février à Butembo, au Nord-Kivu (est du pays), a indiqué le nouveau ministre congolais de la Santé, Jean-Jacques Mbungani.

Cette épidémie est la quatrième que le pays connaît en moins de trois ans. Les résultats du séquençage génomique effectué par l'Institut national de recherche biomédicale (INRB) du pays ont révélé que le premier cas d'Ebola détecté lors de l'épidémie était lié à l'épidémie précédente. La source de l'infection n'a toutefois pas encore été déterminée.

La RDC et l'OMS invitent la population à la vigilance

Lors de cette douzième épidémie d'Ebola, l'OMS a déployé près de 60 experts sur le terrain. Dès que l'épidémie a été déclarée, elle a également aidé les travailleurs locaux à retrouver les contacts, à fournir des traitements, à impliquer les communautés et à vacciner près de 2.000 personnes à haut risque, dont plus de 500 agents de première ligne.

Mais la riposte n'a pas été facile. La réponse a souvent été entravée par « l'insécurité causée par des groupes armés et des troubles sociaux qui ont parfois limité la mobilité des intervenants ».

De plus, dans la zone où l'épidémie a eu lieu, la population se déplace beaucoup pour faire des affaires ou rendre visite à leur famille et à leurs amis.

La ville de Butembo est située à environ 150 kilomètres de la frontière ougandaise et des inquiétudes ont été exprimées à propos d'une potentielle propagation transfrontalière de l'épidémie. Cependant, une riposte efficace a permis de limiter l'épidémie à la province du Nord-Kivu.

Bien que la douzième épidémie soit terminée, le gouvernement congolais et l'OMS invitent la population « à la vigilance » et à rester en contact avec des équipes de surveillance qui vont continuer de travailler avec les autorités sanitaires locales du Nord-Kivu. Une façon de rappeler l'importance de maintenir « un système de surveillance solide ».

Recrudescences possibles dans les mois à venir

L'OMS rappelle que « de potentielles recrudescences » sont possibles dans les mois à venir. « Il est important d'intensifier la surveillance continue de la maladie, le suivi des alertes et de travailler avec les communautés pour détecter et répondre rapidement à tout nouveau cas », relève l'agence onusienne. « Bien que l'épidémie soit terminée, nous devons rester attentifs à une éventuelle résurgence tout en faisant appel à l'expertise croissante en matière d'intervention d'urgence pour faire face aux autres menaces sanitaires auxquelles le pays est confronté. », a insisté la Dre Moeti.

En attendant, l'OMS entend continuer à soutenir les autorités sanitaires dans leurs efforts pour contenir rapidement toute flambée soudaine d'Ebola.

A noter que l'épidémie de 2018-2020 était la dixième en RDC et la plus meurtrière du pays, avec 3.481 cas, 2.299 décès et 1.162 survivants. Le pays a également connu sa onzième épidémie qui a eu lieu dans la province de l'Équateur en juin de l'année dernière.

Par ailleurs, la Guinée connaît actuellement aussi une épidémie d'Ebola qui a commencé en février de cette année.

Plus de: UN News

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