Afrique: Liberté de la presse - Appel à l'action face aux menaces en Afrique

interview

La liberté de la presse est encore en souffrance dans plusieurs pays africains, constate l'UJPLA. En ce 3 mai, l'organisation demande aux Etats d'agir.

Le 3 mai, c'est chaque année la journée mondiale de la liberté de la presse. Cette année 2021, les réflexions sont axées sur le thème : "L'information comme bien public".

L'Union des journalistes de la presse libre africaine UJPLA en profite pour demander aux Etats africains de prendre des mesures fortes face aux menaces qui pèsent sur les médias du continent.

Lisez ou écoutez ci-dessous, une interview avec Qemal Affagnon le porte-parole de l'Union des journalistes de la presse libre africaine (UJPLA).

Qemal Affagnon : Comme le disait Joseph Stiglitz, "l'information est un bien public et en tant que bien public, elle a besoin du soutien public". C'est donc l'occasion pour l'UJPLA de rappeler que cette liberté est malheureusement et trop souvent encore bafouée sur le continent africain.

DW : Vous soulignez que la liberté de la presse est encore bafouée. Quelles sont alors les formes de difficultés faites aux journalistes professionnels ?

Qemal Affagnon : Quand il ne s'agit pas de pressions politiques, donc c'est parfois la pression juridique qui est utilisée. Les journalistes reçoivent le mandat d'informer. De pouvoir dénoncer, de pouvoir critiquer l'action publique.

Or, les journalistes sont encore poursuivis aujourd'hui dans de nombreux pays africains. Et ces poursuites sont motivées par de nouvelles lois qui prennent corps au sein d'un écosystème de communication en mutation numérique dans lequel la production de l'information est malheureusement soumise à des pressions comme on a pu le voir dans de nombreux pays africains aujourd'hui.

DW : Parlant toujours de ces difficultés, à l'occasion d'événements sensibles comme les élections, certains Etats prennent des mesures pour contrôler la diffusion de l'information. Par exemple au Tchad à l'occasion de la présidentielle du 11 avril, les émissions interactives et les débats ont été interdits. Comment expliquez-vous cette réaction de certains Etats ?

Qemal Affagnon : C'est une réaction qui est quand même difficile à expliquer parce que, quand on regarde par exemple le cas du Tchad dont vous venez de parler, ou encore le Bénin, par le passé, il y a eu déjà des expériences en matière de couverture des élections et justement cette presse en Afrique s'est illustrée de façon positive à travers ces couvertures précédentes.

Donc aujourd'hui, on aurait souhaité assister à une évolution en terme d'accompagnement des autorités et des instances de régulation du secteur mais ce à quoi on assiste, c'est une régression au niveau des pratiques de régulation qui sont mises en place.

DW : Est-ce les Etats ont peur que soit diffusée une information non recoupée, une information qui n'est pas professionnelle ?

Qemal Affagnon : En partie oui, il y a cette peur. Mais comme je le disais, aujourd'hui, la presse africaine a quand même fait un bon bout de chemin. Donc au fil des ans et au fil du temps, c'est une presse qui se professionnalise davantage. Or, au regard du cadrage qui est fait, on peut craindre justement qu'on soit en train de recourir à des pratiques rétrogrades.

Tagged:

Plus de: DW

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X