Madagascar: Andry Rajoelina - » Aucun passager ne peut plus entrer à Madagascar «

Madagascar n'est pas sorti de l'auberge mais si l'on se réfère aux statistiques, on est en passe de vaincre la pandémie. C'est le message que le président Andry Rajoelina a envoyé hier soir par rapport à la lutte contre la COVID-19.

Un peu moins de trois heures. C'était la durée de l'émission spéciale organisée hier au Palais d'Etat d'Iavoloha. Pour la première fois depuis le début de la pandémie, le Chef de l'Etat a choisi une formule où il était face à des journalistes réputés être d'obédience contre le régime, et parmi les invités figuraient le ministre de la Santé publique, le Professeur Rakotovao Hanitrala Jean Louis, le ministre des Transports Joël Randriamandranto, la ministre du Commerce Lantosoa Rakotomalala et la ministre de la Communication Lalatiana Rakotondrazafy Andriatongarivo.

Une émission que l'on peut plutôt qualifier de » sans complaisance « . Fidèle à sa mode opératoire et à ses principes qui consistent à offrir un show médiatique aux téléspectateurs, notre confrère Gasikara Fenosoa de Real TV n'a pas mâché ses mots pour dénoncer notamment les décisions inappropriées prises par les tenants du pouvoir dans le cadre de la gestion de la pandémie de la COVID-19. Il a même accusé le régime d'être responsable des pertes de vies à cause du retard de l'importation des concentrateurs d'oxygène et des bouteilles d'oxygène. Mais aux yeux des observateurs, Andry Rajoelina a réussi un coup médiatique hier en optant pour cette nouvelle formule.

Maîtrisant l'art de la communication, son intervention consistait à avancer une plaidoirie pour défendre les initiatives prises par l'Etat dans la lutte contre la pandémie. » 50% de mon travail actuellement consiste à la lutte contre la COVID-19 « , a-t-il martelé. Trois nouvelles régions fermées. Pour cette nouvelle quinzaine, l'Etat d'urgence sanitaire est maintenu sur toute étendue du territoire de Madagascar. Et ce, pour une durée de 15 jours. Le rassemblement de plus de 50 personnes reste interdit. Deux régions ont réussi à combattre la COVID-19 et peuvent à partir de ce jour, ouvrir leurs frontières aux autres régions. Il s'agit de la Région Boeny et Nosy Be.

En revanche, les régions comme Analamanga qui est encore considérée comme l'épicentre de la pandémie, ainsi qu'Antsinanana et SAVA restent fermées. La fermeture concerne aussi trois nouvelles régions à partir du mercredi 5 mai prochain, à savoir Vakinankaratra, Haute Matsiatra et Anosy qui accusent des cas de contamination très élevés de coronavirus. Cette semaine, le Chef de l'Etat va se rendre au niveau de ces régions pour assister à l'implantation de nouveaux centres de traitement (CTC-19), mais aussi pour remettre des matériels et équipements sanitaires à la population locale. Selon l'annonce du président Andry Rajoelina, le confinement total pendant le weekend est maintenu en ce qui concerne la Région Analamanga.

Le couvre feu se poursuit aussi de 21h à 4h du matin sur toute l'étendue du territoire. Vols domestiques suspendus. Désormais, la fermeture de l'espace aérien de Madagascar sera effective. » Aucun passager ne pourra plus entrer au pays « , a déclaré hier le président Andry Rajoelina. Selon ses dires, aucune demande ne sera plus considérée ni tolérée pour éviter l'entrée de nouveaux cas importés. En outre, afin de limiter le taux de contamination du virus vers les autres régions, les vols domestiques assurés par la Compagnie Tsaradia seront suspendus à partir du mercredi 5 mai prochain. Pour ce qui est des transports terrestres, les transports vers les régions fermées, à savoir Analamanga, Antsinanana, SAVA, Vakinankaratra, Haute Matsiatra et Anosy, restent suspendus.

De leur côté, les transports des marchandises sont autorisés à poursuivre leurs activités. De même pour les vols cargo. Hier, le numéro Un d'Iavoloha a annoncé une mesure prenant en considération les cas sociaux en cette période de pandémie. » Aucune démolition de maison ni expulsion ne peut se faire « , a-t-il déclaré. Enseignement. Pour ce qui est du domaine de l'enseignement et de l'éducation, après une longue période de vacances, les élèves des classes d'examens, même ceux au niveau des régions frappées de fermeture, reprennent les chemins de l'école. En revanche, les cours restent suspendus pour les universités et les autres classes.

Au niveau des régions non concernées par les décisions de fermeture, l'enseignement reprend son » cours » normal. Conformément aux mesures prises lors de la précédente quinzaine, les bars, karaokés et boîtes de nuits sont fermés tandis que les restaurants sont autorisés à servir mais ne peuvent utiliser que la moitié de leur capacité d'accueil. Pour le moment, les églises et les mosquées restent fermées mais sont autorisées à organiser des cultes et des émissions au niveau des médias publics. Les marchés au niveau des Fokontany quant à eux sont ouverts de 6h à 17h. Le transport des cadavres vers d'autres régions reste interdit et l'enterrement des personnes ayant succombé à la COVID-19 se fait le jour même du décès et seules 10 personnes peuvent assister à l'enterrement. Comme ce fut le cas lors de la première vague de la pandémie, les personnes vulnérables sont autorisées à ne pas se rendre au travail.

De leur côté, les entreprises dont le nombre des employés est supérieur à 500 sont appelées à limiter la présence au bureau à la moitié du personnel. Solidarité. A entendre les propos du président Andry Rajoelina, l'Etat va poursuivre la multiplication des centres de prise en charge des malades de la COVID-19. Aussi, ce jour aura-t-il lieu l'ouverture du CTC d'Andoharanofotsy et de l'hôtel hôpital au Panorama Andrainarivo. Le chef de l'Etat a réitéré que la solidarité de tout un chacun est important pour vaincre cette pandémie. Il n'a pas non plus manqué de remercier les médecins et tous les agents de santé, ainsi que les Forces de l'ordre qui sont au front pour faire face au coronavirus.

Plus de: Midi Madagasikara

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