Afrique: Journée mondiale de la liberté de la presse - Mobilisation pour Ghislaine, Claude et Camille

Ce lundi 3 mai était la journée mondiale de la liberté de la presse. À cette occasion, un rassemblement était organisé,dans le 2ème arrondissement de Paris sur la place Ghislaine Dupont - Claude Verlon - Camille Lepage. Ghislaine Dupont et Claude Verlon, journalistes de RFI, ont été tués, en novembre 2013, dans le nord du Mali. La photojournaliste Camille Lepage a été tuée en Centrafrique, en 2014. Un rassemblement organisé en leur mémoire et pour réclamer justice pour eux ainsi que pour les crimes commis contre les journalistes dans le monde.

Proches, collègues, représentants de syndicats, brandissent les portraits de Ghislaine Dupont, Claude Verlon et Camille Lepage lors de ce rassemblement organisé par les Amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Près de huit ans après le double assassinat au Mali, l'association continue de réclamer vérité et justice, aux cotés des familles et de leurs avocats. Sa secrétaire générale, Laurence Lacour, explique avoir récemment reçu le soutien d'Agnès Callamard, ancienne rapporteuse de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires.

« Agnès Callamard a terminé son mandat onusien en adressant une longue lettre aux autorités françaises qu'elle soupçonne, ainsi que leurs homologues maliens, d'entraver l'enquête sur la mort de nos amis notamment au travers d'un usage abusif du secret défense. C'est pourquoi notre association se joint à la voix de madame Callamard pour réclamer un débat public au parlement français sur ce secret défense. »

Également présente, Maryvonne Lepage, la mère de la photojournaliste Camille Lepage, qui a créé une association qui porte le nom de sa fille. Elle non plus n'a pas toutes les informations sur sa mort, sept ans après les faits. « La Centrafrique, c'est encore un pays en conflit. Là où est décédée Camille, c'est une région extrêmement dangereuse encore aujourd'hui. On ne connaîtra pas la personne qui a tiré sur Camille - dans une embuscade, ce n'est pas possible- mais on espère savoir au moins les groupes. Et puis, il existe aussi les organisations internationales comme la CPI qui ont aussi leur rôle à jouer pour Camille et pour tous les autres ».

Les participants ont également rendu hommage aux deux journalistes espagnols, tués en même temps que le président d'une ONG de défense de la faune sauvage, la semaine dernière, au Burkina Faso.

Protéger les journalistes de la censure en ligne

En cette journée mondiale de la presse, il faut aussi rappeler que la liberté d'informer passe également par Internet dont l'accès est restreint, voire coupé lors d'élections dans certains pays. Internet est désormais l'un des principaux vecteurs de diffusion de l'information. Comment protéger les journalistes de la censure en ligne, quelle forme prend-t-elle et combien ça coûte ? Joint par RFI, Abdoulaye Diarra, chercheur sur l'Afrique Centrale à Amnesty International, analyse ces questions.

On constate malheureusement, de plus en plus, qu'il y a des journalistes qui sont victimes, dans le monde, de menaces, d'emprisonnement parce qu'ils auraient produit un document qui ne plairait pas aux autorités.

Abdoulaye Diarra, chercheur sur l'Afrique Centrale à Amnesty International

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.