Congo-Kinshasa: La Lucha contre l'état de siège

Annoncé vendredi par le président Tshisekedi, l'état de siège à venir en Ituri et dans le Nord-Kivu est critiqué à Goma.

En RDC, le président de la République Félix Tshisekedi a décrété vendredi dernier (30.04.2021) un état de siège dans deux provinces de l'est de la RDC : le Nord-Kivu et l'Ituri.

Cette décision a été prise en raison de la gravité de la situation sécuritaire dans ces deux provinces. Mais le mouvement citoyen Lucha demande au président d'y renoncer et suggère à la place la convocation d'un dialogue tripartite entre le gouvernement, la Monusco et les principales organisations de la société civile de la région.

Une première en RDC

Ce sera la première fois depuis son accession à l'indépendance que la République démocratique du Congo connaîtra cette mesure d'exception qui est reconnue par la Constitution.

Avec cet état de siège partiel, le président de la République, Félix Tshisekedi, entend lutter contre l'insécurité dans les deux provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri.

Mais pour le mouvement citoyen Lucha, cette décision n'aura aucun effet pour ramener la paix dans la région. Le mouvement citoyen propose à la place un renforcement de l'armée et l'ouverture d'un dialogue pour élaborer des stratégies qui répondent aux attentes de la population.

"La première chose devrait être de renforcer l'armée", estime Ghislain Muhiwa, militant de la Lucha. "Mais la renforcer ne veut pas dire proclamer un état de siège. La renforcer c'est la doter des moyens logistiques nécessaires. Nous proposons aussi qu'il y ait un dialogue entre le gouvernement, les civils et la Monusco. A partir de ce dialogue, nous allons dénicher les vrais problèmes et c'est à partir de cela qu'on décidera si ça vaut la peine de décréter un état de siège ou pas."

Les libertés individuelles menacées

Evariste Iragi est un chercheur en droit congolais. Il rappelle que selon la Constitution, cette mesure peut être prise dans l'objectif de lutter contre une menace grave qui peut empêcher le bon fonctionnement des institutions.

Mais il rappelle aussi que l'état d'urgence restreint de manière importante les droits et libertés des citoyens.

"Dès qu'il y a proclamation d'un état de siège, le pouvoir est renforcé entre les mains des militaires. C'est une période d'exception qui a pour conséquence la restriction des droits et libertés des citoyens. Et ces droits sont nombreux dans le quotidien : il y a par exemple la liberté d'aller et venir, la liberté d'expression, la liberté d'opinion, la liberté de manifester... Cela peut avoir des conséquences graves sur le quotidien de la population."

Les modalités d'application de cette mesure devraient être dévoilées prochainement. Mais l'état d'urgence n'entrera en vigueur que lorsque l'ordonnance présidentielle sera publiée par le cabinet du chef de l'Etat.

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