Burkina Faso: Fête du travail - L'UAS pour le relèvement du SMIG à au moins 60 000 F CFA

Les centrales syndicales du Burkina Faso et les syndicats autonomes, regroupés au sein de l'Union d'action syndicale (UAS), ont commémoré, le 1er mai 2021, la Journée internationale du travail, à Ouagadougou. Elle a été marquée par une marche, la remise d'une plateforme revendicative en 29 points en lieu et place du cahier traditionnel de doléances des syndicats au gouvernement, suivies d'un meeting à la Bourse du travail.

A l'instar de tous les travailleurs du monde entier, ceux du Burkina Faso ont commémoré la journée internationale du travail, à Ouagadougou. Dans la capitale burkinabè, l'Union d'action syndicale (UAS) l'a célébrée à travers, notamment une marche-meeting. Parti de la Bourse du travail de Ouagadougou, le cortège à rejoint la cathédrale, le lycée français de Ouagadougou, avant de revenir au point de départ pour un meeting.

Les organisateurs de la marche ont observé une halte au cabinet du ministre de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale, Séni Ouédraogo, à qui ils ont remis une plateforme revendicative en 29 points. Il s'agit, entre autres, du relèvement du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) à au moins 60 000 F CFA, de la finalisation et de l'adoption du Code du travail (voir encadré).

« C'est avec beaucoup d'amertume que nous venons à vous pour transmettre à l'attention du gouvernement, une plateforme revendicative en lieu et place du traditionnel cahier de doléances. Notre amertume est liée à l'état du dialogue social dans notre pays, ces dernières années. Nous notons que la dernière rencontre gouvernement-syndicats date de 2017 et c'était pour le compte de l'année 2016. Certes, en 2017, nous avons légitimement posé un préalable qui portait sur la mise en œuvre d'un engagement relatif à la question de l'UITS sur les primes et indemnités des travailleurs du privé, du para- public. Cependant, depuis 2019, nous avons exprimé notre disponibilité à prendre part à la rencontre. Malheureusement, à diverses reprises, le gouvernement a annoncé la programmation de la rencontre sans lui donner de suite malgré les réponses favorables des syndicats », a déploré Ernest Ouédraogo, président du mois de l'UAS.

A son tour, le Pr Séni Ouédraogo a rassuré que les doléances seront transmises à qui de droit dans les plus bref délais, et feront l'objet d'examen avec la plus grande attention de la part du gouvernement. Signalons que la journée a également été commémorée dans les autres régions du pays à travers diverses activités.

La plateforme revendicative de l'Union d'action syndicale (UAS), lue par Norbert Wangré, est constituée de 29 points :

1-Mise en œuvre d'un véritable dialogue social qui implique la tenue régulière des cadres de dialogue social et l'implication des syndicats dans l'élaboration et l'adoption des textes qui régissent les travailleurs ;

2- Respect et mise en œuvre des différents engagements pris par le gouvernement vis-à-vis des syndicats des travailleurs dont ceux pris avec l'UAS ;

3-Finalisation et adoption du Code du travail ;

4-Signature et mise en œuvre de l'arrêté portant tarifs de transport pour les agents publics affectés ;

5- Adoption des différents textes nécessaires à la mise en œuvre des élections professionnelles ;

6-Relèvement du SMIG (Salaire minimum interprofessionnel garanti) à au moins 60 000 F CFA ;

7-Relèvement des salaires des travailleurs du privé ;

8-Relèvement des pensions des retraités et la facilitation d'octroi de prêts en faveur des retraités à un taux d'intérêt de 2% maximum ;

9-Création d'une Agence générale de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC) pour aider à sauvegarder les intérêts de l'Etat, notamment par l'identification et la saisie des biens et fonds détournés ;

10-Baisse des prix des hydrocarbures ;

11-Révision de la structure des prix des hydrocarbures ;

12-Baisse des prix des produits de première nécessité et contrôle effectif des prix et de la qualité desdits produits ;

13-Retour à l'ancien système de tarification appliqué par l'ONEA (Office national de l'eau et de l'assainissement) ;

14-Respect de la liberté syndicale, notamment des conventions 87 et 98, arrêt des atteintes à la liberté syndicale et respect de la liberté de manifestation sur la voie publique (sit-in, meetings, marches... ) ;

15-Construction et équipement d'infrastructures scolaires en nombre suffisant et opérationnalisation de la gratuité scolaire ;

16-Prise de mesures urgentes en vue de la réouverture des écoles fermées ;

17-Construction et équipement d'infrastructures sanitaires ;

18-Garantie de la sécurité des populations et de leurs biens et prise de mesures efficientes pour le retour des déplacés internes dans leur localité ;

19-Exécution des décisions de justice ;

20-Respect de la législation du travail dans l'exploitation minière ;

21-Vérité et justice sur les différents cas de crimes de sang et de crimes économiques ;

22-Assainissement de la gestion des ressources nationales (ressources minières, restes à recouvrer, marchés publics, etc.) ;

23-Mise en place d'un fichier informatique du foncier et relecture des lois sur le domaine foncier national en vue d'éviter les expropriations abusives des populations ;

24-Révision de la convention du rail avec Bolloré en vue de privilégier les intérêts de l'Etat et des populations, notamment en rouvrant les gares fermées et application des engagements concernant les travailleurs du Burkina Faso ;

25-Audit indépendant de la SONABHY (Société nationale burkinabè d'hydrocarbures) et de la SONABEL (Société nationale d' électricité du Burkina) impliquant les structures de lutte contre la corruption ;

26-Réfection du Centre d'éducation ouvrière et son équipement ;

27-Réouverture des frontières terrestres ;

28-Elaboration et mise en œuvre d'un plan de construction des Bourses du travail dans les régions ;

29-Maintien de l'indemnité de logement pour les fonctionnaires admis en stage.

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