Afrique: Dialogue interactif de haut niveau sur la résistance aux antimicrobiens, menace mondiale pour la santé et le développement

communiqué de presse

New York — Lutter contre la résistance aux antimicrobiens grâce à l'approche «Une seule santé» et de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l'horizon 2030

Le Président de la soixante-quinzième session de l'Assemblée générale des Nations Unies, M. Volkan Bozkır, appelle à redoubler d'efforts pour lutter contre la menace grandissante que constitue la résistance aux antimicrobiens et convoque ce jeudi 29 avril un dialogue interactif de haut niveau de l'Assemblée générale sur la résistance aux antimicrobiens. Les dirigeants du monde entier, auxquels se joindront des experts de l'ONU, des chefs d'entreprise et des responsables de la société civile, devraient débattre des mesures pratiques à prendre pour lutter contre ce phénomène dans le cadre des plans de redressement après la pandémie de covid-19. «La résistance aux antimicrobiens est la pandémie invisible que nous négligeons, à nos risques et périls.

Les mesures destinées à y faire face doivent être au cœur de la préparation en prévision des pandémies et des plans de redressement après la covid-19. L'approche «Une seule santé» nous aidera à mieux cerner les liens qui existent entre les humains, les animaux, les végétaux et notre environnement commun afin de pouvoir améliorer la santé de notre planète, au bénéfice de toutes les populations», a déclaré le Président de l'Assemblée générale. L'approche «Une seule santé» tient compte de la forte interdépendance qui existe entre humains, animaux et environnement.

La résistance aux antimicrobiens est l'une des principales menaces qui pèsent sur la santé des animaux, des êtres humains et de l'environnement, les moyens d'existence, la sécurité sanitaire des aliments et la sécurité alimentaire mondiale. Elle apparaît lorsque des bactéries, des virus, des champignons ou des parasites évoluent au fil du temps et développent une résistance aux médicaments. Ses effets sont dévastateurs. Les antibiotiques et autres médicaments antimicrobiens perdent leur efficacité, et les infections deviennent de plus en plus difficiles, voire impossibles à traiter.

Il en résulte une augmentation du risque de maladie grave et de décès pour les humains, les animaux et les végétaux. Les États Membres présenteront un Appel à l'action ambitieux et pragmatique dont le but sera de renforcer les initiatives multisectorielles visant à lutter contre la résistance aux antimicrobiens dans le cadre de l'approche «Une seule santé» et à mettre en œuvre le Programme de développement durable à l'horizon 2030. Il sera publié sur le site web du Président de l'Assemblée générale. «La covid-19 a montré de manière frappante que des progrès rapides pouvaient être accomplis lorsque la volonté politique et la mobilisation étaient suffisamment fortes, mais aussi à quel point nous étions tous menacés lorsqu'elles faisaient défaut. Nous devons faire en sorte de solliciter et d'orienter la volonté politique et la mobilisation aux plus hauts niveaux possible pour contrer la menace persistante de la résistance aux antimicrobiens», a déclaré le Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), M. Tedros Adhanom Ghebreyesus.

La résistance aux antimicrobiens est une pandémie qui ne cesse de progresser et qui compromet la bonne mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD). Actuellement, les maladies résistantes aux médicaments causeraient au moins 700 000 décès par an. Si rien n'est fait, ces maladies pourraient provoquer la mort de 10 millions de personnes chaque année d'ici à 2050 et avoir sur l'économie des effets aussi désastreux que la crise financière mondiale de 2008-2009.

D'ici à 2030, la résistance aux antimicrobiens pourrait faire basculer près de 24 millions de personnes dans l'extrême pauvreté. «La résistance aux antimicrobiens est sans doute l'une des menaces les plus complexes pour la sécurité sanitaire, la sécurité sanitaire des aliments et la sécurité alimentaire à l'échelle mondiale. Au point de vue de la sécurité alimentaire, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) prévoit une augmentation de 45 pour cent de la demande de protéines animales d'ici à 2050; or, dans de nombreuses régions, la résistance aux antimicrobiens chez les parasites des animaux occasionne de nouvelles difficultés dans la production animale. Nous nous trouvons face à un double défi, à savoir répondre à la demande de protéines animales tout en réduisant les risques liés à la résistance aux antimicrobiens», a déclaré le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu.

La Directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), Mme Monique Eloit, a quant à elle ajouté qu'il était «essentiel de promouvoir de bonnes pratiques en matière de santé animale pour contribuer à la riposte mondiale contre la résistance aux antimicrobiens. Selon la base de données de l'OIE sur les agents antimicrobiens destinés à être utilisés chez les animaux, il y a un mouvement encourageant vers la réduction de la quantité d'antimicrobiens utilisés chez les animaux producteurs de nourriture. Pour avoir une incidence durable dans le cadre de l'approche «Une seule santé», nous devons investir et renforcer les capacités de la même manière dans tous les secteurs et promouvoir une utilisation prudente et responsable des agents antimicrobiens dans le secteur de la santé animale afin de préserver l'efficacité de ces médicaments essentiels».

Le Dialogue interactif de haut niveau, qui durera une journée entière et se tiendra dans la salle de l'Assemblée générale des Nations Unies, comprendra un discours d'ouverture, quatre tables rondes interactives et un discours de clôture. Les participants aborderont quatre grandes questions: l'évaluation de la résistance aux antimicrobiens dans le contexte de la covid-19; les progrès accomplis au niveau mondial et la vision du Groupe de direction mondial sur la résistance aux antimicrobiens intégrant le principe «Une seule santé», qui vient d'être créé, ainsi que la mise en œuvre au niveau des pays; la recherche d'un financement durable, la recherche-développement et l'innovation au service de la conception de solutions vitales et de l'accélération de la lutte contre la résistance aux antimicrobiens.

Mme Inger Andersen, Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) a affirmé: «La présence d'agents antimicrobiens dans nos systèmes alimentaires, nos foyers et nos modes de consommation crée un cercle vicieux qui favorise la prolifération de microbes résistants aux médicaments dans l'environnement, affaiblit la santé des sols et de l'eau et porte atteinte à notre bien-être.

Pour réduire le risque mortel que représente la résistance aux antimicrobiens, nous devons mieux gérer les déchets, pratiquer une agriculture régénératrice qui s'appuie sur les défenses naturelles de la nature et lutter contre la pollution de l'eau et des sols. Le PNUE continuera de collaborer avec ses partenaires pour assurer un avenir durable et sûr.»

* On trouvera un complément d'information sur le site web du Président de l'Assemblée générale: https://www.un.org/pga/75/antimicrobial-resistance/.

Le dialogue peut être suivi en direct à l'adresse suivante: UN WebTV.

Contexte

Le dialogue interactif est la rencontre organisée au plus haut niveau sur la résistance aux antimicrobiens depuis la réunion de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations Unies sur la résistance aux antimicrobiens de septembre 2016, première réunion de ce type sur le sujet, au cours de laquelle les États Membres ont approuvé la «Déclaration politique issue de la réunion de haut niveau de l'Assemblée générale sur la résistance aux agents antimicrobiens» (A/RES/71/3).

En septembre 2019, les participants à la réunion de haut niveau sur la couverture sanitaire universelle ont adopté une déclaration politique dans laquelle ils demandaient qu'un débat soit consacré à la résistance aux antimicrobiens pendant la soixante-quatorzième session de l'Assemblée générale, mais cette discussion a dû être reportée à la soixante-quinzième session en raison de la pandémie de covid-19.

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