Afrique: Un hôtel au Tchad pour abriter la primature de transition

Le Premier ministre Albert Pahimi Padacké a pris ses quartiers dans un hôtel de N'Djamena. Des employés craignent d'être licenciés. Une pétition est lancée.

L'hôtel Méridien Charia été réquisitionné pour abriter la primature de la transition. L'administration de l'hôtel n'a jusque-là pas précisé aux employés s'ils allaient pouvoir conserver leur poste. Une pétition circule sur internet réclamant l'annulation de cette réquisition.

Ce sont au total 44 employés, dont une trentaine bénéficiant de contrats à durée indéterminée, qui ne savent pas ce qu'ils vont devenir dans les jours à venir.

Depuis l'entrée en vigueur de la réquisition de l'hôtel Méridien Chari le 28 avril, ni la Société nationale d'exploitation hôtelière (Sonexho) en charge de la gestion de cet établissement, ni le ministère du Développement touristique qui en a annoncé la réquisition, n'ont répondu aux craintes des employés.

Un avenir incertain

Galion Djekainkoula, l'un des délégués du personnel de l'hôtel raconte : "Ils sont venus avec une note de réquisition sans toutefois penser à l'avenir du personnel. En tant que délégués, nous nous sommes rapprochés du directeur de la Société nationale d'exploitation hôtelière qui est notre tuteur. Il nous a dit qu'il est dans le même bateau que nous, qu'il a posé aussi la question au ministère du Tourisme et qu'il attend sa réponse. Nous sommes inquiets, très inquiets même. Parce que le personnel a besoin d'informations. Nous ne savons pas ce que l'avenir nous dira".

L'annonce de la réquisition de l'hôtel Méridien Chari a suscité des réactions sur les réseaux sociaux et une pétition contre la décision du ministère a été mis en ligne. Le juriste Jean-Bosco Manga est l'un des signataires de cette pétition.

"Ils ont sacrifié la vie d'une quarantaine de pères et mères de famille et nous avons estimé qu'il faut leur apporter l'appui nécessaire pour qu'ils puissent entrer dans leur droit. Parce que ce sont des employés qui disposent de contrats de droit privé", regrette Jean-Bosco Manga.

Appel à la justice

En attendant de savoir quelle est la suite à réserver aux employés de l'hôtel, les interrogations se poursuivent.

"Dans le principe, même s'il faut une procédure pour les mettre à la disposition d'une autre entreprise ou bien une procédure de licenciement pour motif économique, on devrait déjà penser aux hommes qui vivent de cet hôtel avant d'engager une procédure de réquisition. C'est déplorable, on ne peut pas continuer à augmenter le nombre des chômeurs alors que la tendance est de trouver de l'emploi pour chaque Tchadien", estime encore le juriste tchadien.

La DW a tenté d'avoir l'avis des responsables de la Société nationale d'exploitation hôtelière en charge de la gestion de l'hôtel et du ministère de tutelle, mais sans succès.

L'Union des syndicats du Tchad, à laquelle les employés de cet hôtel sont affiliés, s'est saisie du dossier mais elle n'a pas encore dit si elle comptait leur venir en aide.

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