Congo-Kinshasa: La taxe sur le registre des appareils mobiles fait polémique

À cause de son coût élevé et l'absence de contrepartie directe, la taxe sur le registre des appareils mobiles (RAM) instaurée depuis plusieurs mois en RDC soulève un tollé. La taxe est de 7 dollars l'an. Payable en six échéances, elle est automatiquement prélevée sur des crédits de communication à la recharge. En début de semaine, une marche des mouvements citoyens contre cette perception jugée d'illicite a été dispersée par la police à Kinshasa. Pour beaucoup de consommateurs, c'est la charge d'utilisation du téléphone mobile qui devient encore plus lourde.

L'activiste Joël Lamika, qui a été interpellé lundi lors de la marche de protestation à Kinshasa, n'a cessé de dénoncer ce qu'il qualifie ouvertement d'escroquerie. « Nous disons que le RAM est une escroquerie étatique. On veut imposer à l'usager final de payer une taxe qui ne vaut pas la peine, un régime qui nous a promis le social veut aujourd'hui appauvrir une population déjà en difficulté. »

Dans cette grogne, les députés ne sont pas du reste. L'un d'eux, Juvénal Munubo a fait interpeller à l'Assemblée nationale le ministre des PTNTIC. « Il ne devait pas y avoir des taxations. Il ne faut pas seulement payer pour payer. Quand vous payez le service, il faut qu'il y ait des retombées. Il faut jouir de ce service, il faut en bénéficier, mais quand ça ne devient que de la taxation, on a l'impression qu'on est sacrifié ».

Les autorités veulent à tout prix maximiser les recettes, mais il existe aussi des contreparties, explique-t-on du côté du ministère.

Une partie des fonds collectés devrait financer l'accès gratuit à internet dans les universités de l'État et autres espaces publics. Le ministère dit aussi prévoir la construction des centres de formation de jeunes et financer une panoplie de projets contenus dans le plan national du numérique.

Des projets qui ne figurent nullement dans la loi des finances de l'année courante, pointe déjà l'ONG, l'Observatoire de la dépense publique (Odep). Le gouvernement entend mobiliser 48 millions de dollars dans la perception de cette taxe en 2021.

L'Odep est d'autant plus suspicieuse que la clé de répartition des fonds perçus est floue. L'ONG pointe surtout qu'avec 7 dollars par an sur 38 millions d'abonnés actifs déclarés par les télécoms, les recettes réelles devraient largement être supérieures à celles officiellement annoncées.

Plus de: RFI

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