Burkina Faso: Gouvernance Roch Marc Kaboré - La crise sécuritaire ne fait que s'exacerber selon le CFOP

Après une trêve, comme il est de coutume un temps de grâce de 100 jours accordé au président nouvellement élu, l'opposition politique d'Eddie Komboïgo a repris langue avec les médias le mardi 4 mai 2021 pour passer en revue la gouvernance politique, économique et sociale des cent jours du deuxième mandat du président Roch Marc Christian Kaboré. Des morts qui se comptent par dizaine à l'Est, au Sahel, au Nord et au Centre-Nord, l'occupation du territoire par des hommes armés au mépris d'un Etat de droit, l'accroissement du nombre de déplacés internes et une situation sécuritaire et alimentaire précaire... ont constitué le menu de cette première entrevue.

C'est une première du genre depuis qu'Eddie Komboïgo est à la tête de l'opposition politique burkinabè. Et pour ce premier rendez-vous avec les journalistes il n'y avait pas qu'eux dans la salle pleine comme un œuf. Des responsables de partis affiliés au CFOP étaient aussi de la partie. C'est donc devant ce parterre d'hommes politiques et de journalistes que le tout nouveau chef de file de l'opposition politique burkinabè passe en revue les actions du président Roch Marc Christian Kaboré.

« Malgré la mise en place d'un nouveau gouvernement le 10 janvier 2021, le front sécuritaire ne cesse de s'enliser... Les morts se comptent par dizaine notamment à l'Est, au Sahel, au Nord et au Centre-Nord. L'occupation du territoire national par des hommes armés non identifiés qui imposent leur mode de vie et de gouvernance au mépris d'un Etat de droit. Le nombre de déplacés internes atteint aujourd'hui plus de 1 200 000 et les populations vivent dans une situation sécuritaire et alimentaire précaire », déclaré Eddie Komboïgo après la minute de silence observée à la mémoire des trente victimes de l'attaque terroriste à Kodyel dans la Komandjari.

Interpellé sur les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux et qui montrent des hommes en arme s'entretenant avec des populations le chef file dit être choqué. « C'est honteux », a clamé le CFOP.

A ce tableau déjà désolant le chef de file de l'opposition politique complète avec le bradage des marchés et la montée de la corruption. Il en veut pour preuve le diagnostic fait par le ministre de la Santé, le Pr Charlemagne Ouédraogo, dans les établissements sanitaires qui laisse entrevoir des formations sanitaires sous-équipées, des chantiers mal exécutés ou des infrastructures inachevées alors que les marchés y afférents ont été passés à coût de milliards. « Pour la construction d'un centre de radiothérapie il y a eu 30 milliards alors que celui du CMA du 30 a coûté seulement 7 milliards. Le chantier n'est pas achevé et il y a un avenant d'une quarantaine de milliards. Le ministre dit qu'il a pris le dossier mettre dans son tiroir. Nous l'encourageons à le remettre aux institutions compétentes pour qu'elles investiguent », a-t-il dit pour étayer son propos.

Selon l'actuel chef de file de l'opposition le climat des affaires ne cesse de se détériorer et les prix des produits de grande consommation ne font qu'augmenter. « L'inflation est galopante. Selon les statistiques de l'UEMOA, elle est la plus importante de la sous-région. Ce qui rend la vie chère de plus en plus intenable pour nos braves populations », a indiqué Eddie Komboïgo.

Et qu'en est-il du front social qui est en ébullition avec la grogne des scolaires, des habitants de l'Est et des contractuels de la mairie de Ouaga ? « Le front social se radicalise de plus en plus. Mal entreprises, les réformes dans le secteur de l'éducation menacent la bonne tenue des examens scolaires. Aucune issue pour sauver une fois de plus l'école burkinabè n'est perceptible à l'horizon. A cela s'ajoutent des grèves justifiées des braves travailleurs. Outre la grogne des habitants de l'Est pour revendiquer plus d'attention sur le développement du Gulmu, ce sont les travailleurs de la mairie de la capitale qui crient leur ras-le-bol », répond Eddie Komboïgo. Pour lui, la question foncière reste un boulet au pied du gouvernement et risque d'être une bombe sociale dans les jours à venir.

Après avoir ainsi dépeint la situation du pays, Eddie Komboïgo a dressé une série de recommandations à mettre en œuvre pour sortir le pays de la tourmente. La première d'entre elles, est la sécurisation du territoire national dans son intégralité dans les plus brefs délais et le retour des populations déplacées dans leurs localités d'origine. Dans la sorte de panacée d'Eddie on y retrouve également la réaffirmation de l'Etat de droit et la réinstauration de l'autorité de L'Etat sur l'étendue du territoire. Il plaide entre autres pour la baisse des prix de produits de grande consommation et des hydrocarbures, la réouverture sans délai des frontières terrestres.

Plus de: L'Observateur Paalga

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