Congo-Kinshasa: L'état de siège suscite des craintes

(archive) - Des militaires des Forces armées de la RDC (FARDC) à Kibati (Nord-Kivu)

Ce jeudi entre en vigueur l'état de siège décrété dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu. Les gouverneurs seront remplacés par des militaires.

En République démocratique du Congo, c'est ce jeudi 6 mai, que la décision de l'état de siège prise par le président Félix Tshisekedi entre en vigueur dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu.

Le chef de l'Etat congolais veut ainsi lutter contre l'insécurité dans ces deux provinces.

Ces dernières semaines, des manifestations ont été organisées pour demander aux dirigeants du pays d'agir contre les groupes armés. Or, l'état de siège suscite des inquiétudes et son efficacité dépend, selon Onesphore Sematumba, du leadership des officiers de l'armée qui seront déployés.

Onesphore Sematumba est analyste, en charge du Burundi et de la RDC, pour le centre d'analyse des conflits International Crisis Group et il répond aux questions de Fréjus Quenum.

Avec l'état de siège, les autorités civiles, les gouvernements provinciaux de l'Ituri et du Nord-Kivu et les entités de ces provinces seront remplacées par des officiers des Forces armées de la République démocratique du Congo ou de la police nationale, selon la présidence congolaise.

"Jusqu'au rétablissement de la paix dans ces deux provinces du nord-est et de l'Est de la RDC, l'action des juridictions civiles sera substituée par celle des juridictions militaires", indique le porte-parole de la présidence.

Riches en minerais, à la frontière de l'Ouganda, du Rwanda et du Burundi, les provinces du Nord et du Sud-Kivu (est) ont basculé dans la violence lors des deux guerres du Congo (1996-97, 1998-2003), sans retrouver une vraie stabilité depuis.

Plus au nord, la province de l'Ituri a de nouveau basculé dans la violence fin 2017 après une accalmie d'une quinzaine d'années.

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