Niger: Les raisons de la montée des attaques armées

Les réfugiés du Mali vivent dans des abris de fortune près du village de Chinagodrar, région de Tillabery, Niger.

En moins d'une semaine le Niger a enregistré deux attaques à la frontière malienne. Analyse sur la recrudescence de la violence armée dans le pays.

Le Niger de nouveau endeuillé par une attaque de groupes armés qui a fait au moins 34 morts dont 30 militaires et 4 civils mardi (05.05).

De sources militaires, ces meurtres ont été commis par environ 200 hommes armés non identifiés qui ont attaqué le village d'Intoussane et un poste militaire voisin dans la région de Tillabéry, non loin de la frontière avec le Mali.

C'est la deuxième attaque en moins d'une semaine survenue dans la même zone.

Pour Ibrahim Yahaya Ibrahim, analyste principal à l'International crisis group, le regain d'attaques terroristes au Niger s'expliquerait par la pression que subissent les groupes armés qui étaient jusque-là retranchés dans la zone des trois frontières.

"Depuis plusieurs semaines, il y a eu un déploiement de 1.200 soldats tchadiens qui sont engagés dans des opérations antiterroristes. Ces opérations pourraient avoir limité les marges de manœuvre de certains groupes dans cette zone et les auraient poussés à chercher plus d'espace de l'autre côté de la rive. D'où cette poussée plus à l'est, vers la zone d'Inates, de Banibangou, de Tillia et jusqu'à Tassara", explique l'analyste.

Si pour certains, cette montée d'attaques armées s'expliquerait par le déploiement massif de mercenaires libyens dans la région du Sahel, pour Ibrahim Yahaya Ibrahim cette idée "relève d'abord d'une autre des hypothèses. Car jusque-là, du côté du Sahel central, on n'a rien vu qui confirme de façon concordante la présence de ces mercenaires venus de Libye."

D'où proviennent les motos utilisées par les groupes armés?

Presque à chaque attaque terroriste le mode opératoire est le même : les assaillants viennent par centaines à bord de motos pour commettre leurs crimes.

Un mode opératoire qui suscite des interrogations au sein des populations qui s'interrogent sur la provenance de ces engins à deux roues. Les populations veulent aussi savoir comment les assaillants s'approvisionnent en carburant et d'où il provient.

Pour Bakary Traoré, expert malien en sécurité, les groupes armés s'approvisionneraient " plutôt de l'Algérie ou bien de la Mauritanie, qui ne sont pas des Etats directement touchés par le phénomène et qui peuvent être pour ces terroristes un lieu d'approvisionnement en carburant."

Il estime que "la dynamique interne n'est pas non plus occulter".

"La guerre est un business et certains mercenaires ou autres seigneurs de la guerre sont dans une logique d'alimenter ces groupes terroristes. Et concernant la provenance des motos, souvent les Etats africains par manque de coordination au niveau des renseignements peuvent contribuer à alimenter ces réseaux." ajoute l'expert malien en sécurité.

Coordination dynamique entre Etats

Cette coordination entre les Etats concernés et leurs partenaires internationaux serait donc nécessaire pour contrôler les entrées des motos utilisés par les criminels.

Ainsi, l'Allemagne et la mission Eucap-Sahel Niger ont récemment signé un accord de partenariat pour la mise en place d'une compagnie mobile de contrôle des frontières dans la région de Tillabéry. Elle aura pour mission de sécuriser la frontière entre le Niger et le Mali.

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