Congo-Brazzaville: Exécutif/Vivien Romain Manangou - « Le chef de l'Etat devrait affecter des ministères clés aux technocrates »

Enseignant chercheur à la faculté de droits de l'Université Marien-Ngouabi, Vivien Romain Manangou a fait l'évaluation du programme de société du président de la République: « Ensemble, poursuivons la marche », lors d'un échange avec la presse.

Selon Vivien Romain Manangou, Denis Sassou N'Guesso devrait tenir compte des critères de moralité et de compétence dans la formation de la nouvelle équipe gouvernementale. Pour lui, le programme de société sur la base duquel le chef de l'Etat a été réélu est ambitieux. « Lorsque que vous lisez son programme, le président de la République commence par expliquer pourquoi il n'a pas pu réaliser la "Marche vers le développement" dans un premier temps, et pour quelle raison il propose aux Congolais de la poursuivre », a-t-il commenté, estimant que deux sortes de problèmes ont empêché sa mise en œuvre effective.

Il s'agit, selon lui, des problèmes d'ordre exogène et endogène. « Le chef de l'Etat, en tant que décideur, a le pouvoir de régler les problèmes endogènes du Congo. Cela passera sans doute par une nouvelle forme de gouvernance. Il faudrait, peut-être, revoir le personnel politique, en liant l'expérience à la nouveauté. Je crois que sur ce plan, le président dispose d'instruments nécessaires pour y faire face », a indiqué Vivien Romain Manangou.

Au plan exogène par contre, il pense que la solution ne viendrait pas du président de la République, d'autant plus que des questions comme celles du prix du baril du pétrole et de l'intransigeance du Fonds monétaire international (FMI) ne dépendent pas de lui. « Le président parle d'une gouvernance attractive, cela peut permettre aussi de faire fléchir le Fonds monétaire international (FMI), c'est-à-dire que l'élan réformateur de notre pays sur le plan endogène peut régler les problèmes sur le plan exogène », analyse-t-il.

Passer de l'économie pétrolière à une économie agricole

Dans son nouveau contrat social, le chef de l'Etat met un accent sur le développement de l'agriculture. L'enseignant chercheur estime que le développement agricole que prône le chef de l'Etat est un projet noble. Il devrait, a-t-il déclaré, structurer l'économie congolaise pour les années à venir. « L'agriculture pourra être ce qu'a été le pétrole dans les années passées, c'est-à-dire le principal levier des politiques économiques de l'Etat. Il faut expliquer aux Congolais que ce n'est pas demain que l'on va réduire la balance commerciale. Il y a tout un travail pédagogique et de recherche à faire. Il nous faut au moins une décennie d'investissements sérieux, de travail pédagogique pour pouvoir passer de l'économie pétrolière à une économie agricole », a-t-il poursuivi.

Vivien Romain Manangou a été directeur de campagne du défunt Guy Brice Parfait Kolélas à l'élection présidentielle de 2016. Il s'était séparé du président de l'Union des démocrates humanitaires (UDH-Yuki) pour des raisons de "convenance personnelle".

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