Madagascar: Overdose

Madagascar recevra ses premières doses de vaccin à partir de demain. Du « générique » indien à ce qu'il parait. À se demander si le générique existe pour un médicament qui fait en même temps un essai clinique. Mieux vaut cela que rien à un moment on ne sait plus à quel Dieu se tourner quand on regarde tout autour. La majorité veut se faire vacciner pour échapper à la fatalité du destin. Corona est impitoyable et si on n'en meurt pas, on laisse des poils. Le président de la République a toujours été contre le vaccin préférant s'en remettre aux produits de la pharmacopée malgache dont le CVO+. Sous diverses pressions, il a fini par céder tout en soulignant que le vaccin n'est pas obligatoire mais que les chancelleries ou les organismes internationaux peuvent importer du vaccin pour immuniser leur personnel.

La pandémie de la Covid-19 a été une opportunité d'affaires pour l'industrie pharmaceutique. Le vaccin n'y échappe pas. Le ministère de la Santé publique n'a jamais été clair autour de ce vaccin. De même que le ministère de la Communication. Le premier annonce que Madagascar a fait son inscription dans le programme Covax de l'OMD et que le vaccin ne sera disponible qu'au mois de juillet mais qu'il allait accélérer les procédures pour qu'il arrive plus tôt mais que le choix n'a pas été encore fait. On croyait comprendre qu'il s'agit du vaccin de l'OMD.

Le second a déclaré que le conseil des ministres avait déjà fait son choix sur le vaccin Johnson & Johnson. Le tout est démenti le lendemain par une déclaration de la présidence après avis de l'académie de médecine qui affirme que l'État a retenu quatre vaccins selon leur efficacité et leur conservation. Entre temps la fondation akbaraly convoque ministres, ambassadeurs et hautes personnalités pour en parler. Des commandes du générique du vaccin astraZeneca auraient été passées.

Le conseil des ministres suivant indique que seul le privé ne peut pas importer du vaccin mais qu'un partenariat avec l'État n'est pas interdit.

Ensuite, le ministère de la Santé annonce que le vaccin arrivera dans la première semaine de mai. Un sacré numéro de valse à six temps où on finit par s'emmêler les pas. La seule chose précise est qu'il s'agit d'une vaccination ciblée et gratuite et non systématique pour deux cent cinquante mille doses selon le président de la République. Mais au-delà tout est confus. On ignore si le Covishield, générique de l'astraZeneca qui arrive demain a été commandé par l'État ou remis par l'OMS ou commandé par la Fondation akbaraly. C'est d'autant plus opaque que sous le manteau et dans certains cercles comme les clubs de service , on invite les membres intéressés pour se faire vacciner moyennant un prix. Certaines cliniques médicales proposent également du vaccin pour un certain prix.

Dans ce méli-mélo, le Malgache lambda qui n'est pas personnel de santé ni force de sécurité, s'arme de patience pour espérer bénéficier de l'antidote de la mort. Si la mort ne le happe pas bien avant avec cette overdose de communication sur le vaccin. Malsain.

Plus de: L'Express de Madagascar

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