Madagascar: Administration publique - Recrutement exclusif pour la santé, l'enseignement et la sécurité

Selon le président de la République, l'enseignement, la santé et la sécurité seront priorisés pour le recrutement des fonctionnaires. Il parle même de gel des recrutements pour les autres secteurs.

Il ne s'agit pas de partager un gâteau. Une formule de Andry Rajoelina, président de la République, au sujet du recrutement au sein de la fonction publique. À Fianarantsoa, hier, le chef de l'État a posé une balise pour le recrutement de fonctionnaires.

Le président annonce qu' « à partir de cette année, les recrutements de fonctionnaires seront concentrés dans le secteur de la santé, l'éducation et la sécurité ». Dans un discours véhément durant l'inauguration du Centre de traitement Covid-19 (CTC-19), de Fianarantsoa, le chef de l'État affirme le constat que le recrutement au sein de l'administration publique est éparpillé. Que chaque département ministériel recrute, « pourtant, ce n'est pas nécessaire ».

Plus qu'une priorisation de la santé, l'enseignement et la sécurité, Andry Rajoelina parle carrément de gel des recrutements pour les autres départements. Afin de couvrir les charges des recrutements à venir, le budget des ministères concernés, notamment, celui de la Santé publique devrait connaître une hausse conséquente, à entendre le chef de l'État.

Le recrutement au sein de la fonction publique se fait par le biais de postes budgétaires. Le nombre de personnes à recruter et les postes à pourvoir sont inscrits dans le budget de chaque département. Outre les besoins formulés par les ministères, les moyens étatiques conditionnent, aussi, les recrutements. Et bien que les circonstances imposent une hausse, comme actuellement en cette période de pandémie, les procédures administratives freinent les intentions.

La pandémie du coronavirus a révélé pratiquement toutes les failles au sein de l'administration, notamment, dans le secteur de la Santé publique. Au manque d'équipements sanitaires s'ajoute l'insuffisance de l'effectif des médecins et du personnel de santé dans le secteur public.

Manque d'effectif

L'État essaie tant bien que mal de combler le manque d'équipement en multipliant les importations de matériel. Pour pallier l'insuffisance de l'effectif du personnel, le gouvernement a ratissé large en proposant des Contrats à durée déterminée (CDD), à tous les médecins et aide-soignants disposés à prêter main forte dans la riposte contre la Covid-19. Le personnel médical semble, pourtant, être toujours aussi débordé.

Le président de la République semble donc tirer les leçons des circonstances sanitaires et agir en conséquence. Par la même occasion donc, la rigueur et la priorisation qu'il compte imposer dans le recrutement au sein de l'administration publique devrait en profiter à l'éducation et la sécurité. Deux secteurs qui souffrent, également, du manque d'effectif.

Outre la hausse de l'effectif des médecins et du personnel soignant dans les rangs de la fonction publique, Andry Rajoelina a, aussi, parlé de cinquante millions de dollars à mettre à la disposition du ministère de la Santé publique. Une somme qui sera distillée jusqu'à la fin de son mandat, à entendre ses explications. Issus des fonds propres de l'État, ces cinquante millions de dollars seront, d'après le chef de l'Etat, destinés à l'installation de scanners et de générateurs d'oxygène dans les hôpitaux de tous les chefs lieux de région et de district.

Un projet de loi de finances rectificative devrait être au programme de cette première session ordinaire du Parlement. La traduction en acte des mots du président de la République à Fianarantsoa, hier, devrait être transcrite dans ce texte budgétaire qui sera soumis à l'aval de l'Assemblée nationale et du Sénat.

Plus de: L'Express de Madagascar

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