Madagascar: Cadrage macro-économie - Des retouches à la loi de finances

Le point d'orgue de l'actuelle session budgétaire du parlement sera l'examen du projet de loi de finances rectificative. Cette fois-ci sous l'œil bienveillant du Fonds monétaire international.

Des contraintes à venir. L'événement du premier trimestre écoulé aura été le feu vert des membres du Conseil d'administration du Fonds monétaire international, FMI, pour l'octroi des 312 millions de dollars de la Facilité élargie de crédit, FEC. Un premier décaissement a accompagné cette décision attendue depuis longtemps. Mais avant même que l'instance suprême du FMI ne donne son verdict sur le dossier Madagascar, des balises ont été implantées lors des discussions préliminaires du 19 janvier au 12 février. Les détails ont été expliqués dans le communiqué signé par Charalambos Tsangarides, chef de mission du FMI, à l'issue des pourparlers via la visioconférence.

En premier lieu, l'augmentation de l'enveloppe financière réservée aux secteurs sociaux que sont l'éducation nationale, la population et la promotion des femmes, la santé publique, l'eau-l'hygiène et l'assainissement. Selon les évaluations faites par de nombreux organismes indépendants, les ministères gérant ces quatre priorités aux yeux du FMI, ne bénéficient que 4% du Produit intérieur brut, PIB.

Difficile exercice

Et l'éducation n'obtient que 15% du budget général alors que celui devrait être de 20%, si l'on se fie aux normes internationales. Comment alors le ministère de l'Économie et des finances, MEF, va-t-il procéder pour allouer plus de dépenses à ces préoccupations sociales? Un difficile exercice comptable en perspective. Cela étant, les diverses actions pour venir en aide aux populations victimes de la famine dans le sud, les coûts financiers engendrés par la crise sanitaire, peuvent être considérés comme des charges supplétives.

L'attente du FMI serait de prioriser ces département sociaux dans la répartition des avoirs de l'État dès maintenant et pour l'avenir. Aussi, des augmentations significatives des allocations pour ces quatre ministères jugés prioritaires devraient être visibles dans le projet de loi de finances rectificative, LFR.

Des députés de l'opposition lors des débats avant l'adoption du projet de loi de finances initiale, LFI, ont martelé sur des déséquilibres dans le partage du gâteau. Ainsi, les réajustements du MEF seraient alors attendus avec curiosité.

Car l'élaboration du premier jet de la LFR serait un signal fort envoyé au FMI par le gouvernement de sa volonté d'aller de l'avant dans ses engagements. D'autant qu'il existe d'autres recommandations comme la mobilisation des recettes publiques, l'amélioration du climat des affaires par la lutte implacable contre la corruption, la poursuite des réformes structurelles de la Jirama. Sans oublier la cohérence des objectifs de la LFR avec ceux du Plan d'émergence de Madagascar, PEM.

S'y ajoutent l'éventuelle reprise de l'application de la vérité des prix du carburant après deux années de gel. Ou encore la parité de l'ariary au Marché interbancaire de devises, MID et l'évolution du taux d'inflation dans le temps. Tout comme le taux de croissance prévisionnelle de l'économie de 4,5% qui devrait être revu à la baisse par la persistance de la crise sanitaire qui étouffe déjà la reprise espérée du tourisme par la fermeture des frontières aériennes et terrestres. Autant d'indicateurs à considérer par la LFR.

Plus de: L'Express de Madagascar

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