Congo-Kinshasa: Maï-Ndombe - Des frasques d'un Vice-Gouverneur atypique !

Le climat politique dans le Mai-Ndombe est morose et tendu depuis le retour du vice-gouverneur à Inongo. A la base, la boulimie du pouvoir, la rancœur, la jalousie et la haine dans le chef de Jack's Mbombaka Bokoso qui s'est investi corps et âme pour livrer la guerre au gouverneur.

A découvert et sans mettre des gants, et profitant de l'absence du chef de l'exécutif provincial en mission à Kinshasa, l'atypique «gouvice » déclenche une guéguerre contre celui-là même qui lui a donné la chance d'enrichir sa biographie squelettique et famélique, à savoir, vice-gouverneur de province ! Il multiplie des rencontres subversives avec des badauds, et surtout avec tout ce que la ville compte comme fripouille, sans oublier ses «bayaya» ! Il attend l'arrivée de Mputu Paul pour que ce dernier lui présente les travaux qu'il compte entreprendre.

Si c'est bon, il accepte, au cas contraire, il refuse, dixit Jack's Mbombaka Bokoso. Ignorance, oubli, phobie ou du bla bla ? Mbombaka, tenez-le pour dit, un vice-gouverneur n'a aucune attribution spécifique lui reconnue par la constitution. Pour paraphraser un éminent juriste, «le vice-gouverneur n'est qu'un assistant du gouverneur». Et, pourtant, celui-ci promet monts et merveilles si jamais on lui laissait la direction de la province. Folie de grandeur ou comment ! Des éléments sonores existent. Ses acolytes envahissent alors les réseaux sociaux et les chaînes des radios pour relayer ses inepties, en lançant des critiques les plus acerbes à l'endroit du gouverneur.

Le gouverneur du Mai-Ndombe Paul Mputu Boleilanga avait démissionné de son poste en date du 29 juin 2020 après une motion de défiance initiée par un groupe de députés provinciaux. Jack's Mbombaka Bokoso, le vice-gouverneur avait été chargé d'expédier les affaires courantes. Seulement, le Président de la République n'a pas entériné cette démission du chef de l'exécutif provincial de Mai-Ndombe. Alors, sur son instruction, le ministre de l'intérieur Gilbert Kankonde a réhabilité le gouverneur. Mais, cela n'a pas été du goût de Mbombaka et sa fratrie qui espéraient voir Jack's hériter de ce poste jusqu'à la fin du mandat. Avec en prime : argent, femmes, ambiance, succès, popularité, gloire, honneur, fêtes, loisirs, pouvoir et ses attributs et tutti quanti.

Dès que le gouverneur a foulé le sol d'Inongo pour reprendre du service, Jack's Mbombaka alias «mémé morale» a pris la poudre d'escampette. Direction : Kinshasa. C'est avec beaucoup de pincement au cœur que Mputu Paul retrouve son entité défigurée. Tout a été chamboulée ; le cabinet, la Dgrm (Direction Générale des recettes du Mai-Ndombe) et l'administration. Pendant son absence, le vice-gouverneur a nommé, renvoyé, permuté, réhabilité, désarticulé, selon ses humeurs. Il a par exemple annulé, sans en avoir qualité, l'arrêté du gouverneur interdisant la pêche des alevins abusivement appelé «ndakala » avec utilisation des moustiquaires. Il cherchait à s'attirer la sympathie des pêcheurs, du reste nombreux à Inongo.

Mputu Paul découvre des cadavres dans les placards. Horreur ! La bagatelle somme de 550.000 dollars de l'OVD devant servir à la réhabilitation de la voirie urbaine est introuvable. Il ne faut pas être sorcier pour en retrouver le point de chute et les bénéficiaires. Cette somme a été partagée entre « alliés ». Il est facile de comprendre maintenant le pourquoi de la connexion qui existe entre certaines personnalités provinciales qui ont créé leur « union sacrée » pour le besoin de la cause. Dès que l'un des compères a un ennui, les autres viennent en appui et prennent parti.

Depuis la reprise de service du gouverneur, les rapports entre les deux hommes sont allés dégringolant. Apres quatre mois de vadrouille à Kinshasa, Mbombaka rentre à Inongo avec un agenda nauséabond. Arrogant jusqu'à la moelle épinière à Inongo, foulant aux pieds les règles élémentaires de bienséance, il s'empêche d'aller sur place. Il préfère s'offrir un bain de foule qui se termine par une adresse assaisonnée des diatribes les plus abjectes, de l'intoxication à gogo, dans le but d'écorner l'image du gouverneur.

Devant effectuer une mission officielle à Kinshasa, non informé officiellement de la présence de son vice-gouverneur, le chef de l'exécutif provincial n'avait pas de choix. Car, «mémé morale » est rentré avec dans sa caboche l'image de gouverneur de province, il évité l'autorité. Raison pour laquelle, l'intérim a été confié au ministre provincial de l'intérieur. C'est l'alibi trouvé par Jack's pour ouvrir les hostilités contre son ennemi juré, Mputu Paul. Frustré, Mbombaka décide de franchir la ligne rouge. Il dégaine le «détournement» des frais de fonctionnement qui devraient être gérés par lui. Une anecdote. Aussitôt le chef de l'exécutif parti, ayant appris que les frais de fonctionnement venaient d'être logés à la banque, Jack's appelle le comptable attitré pour que ce dernier aille retirer cet argent et lui remettre. C'est une fin de non-recevoir à qui il a promis sanctions quand il reprendrait ses « fonctions de gouverneur » !

Dans l'entendement du vice-gouverneur, cet argent devait servir à terminer des travaux de réfection des bâtiments, des routes, à payer x, à rétribuer ou à distribuer à la population ; aux jeunes, à acheter ceci, à faire cela et patati patata... «C'est l'argent de la province», ne cesse-t-il d'égosiller ! Confusion ! Pour lui, le gouverneur a détourné le pognon. «La population d'Inongo ne doit pas rester amorphe, il faut réclamer ses droits, l'argent a été détourné». Il met à nu son côté de démagogue populiste. Oubliant que ce n'est pas la rétrocession, mais bien les frais de fonctionnement qui, du reste, ont été remis aux ayant-droits dont le gouvernorat, les différents services étatiques, l'ANR, la DGM, la Police et tant d'autres.

Déculotté et recadré par l'intervention du sémillant gouverneur intérimaire, il est rentré dans ses petits souliers. C'est l'occasion pour le belliqueux d'organiser sa croisade à travers la ville. Aux «wewa», il leur demande de s'organiser et d'aller faire un «sit-in», à la DGRM, à défaut attaquer cette régie au motif que l'argent du recouvrement forcé des taxes des motos a été détourné, aucune visibilité sur la destination de cet argent. A d'autres badauds, il les encourage d'aller prendre, sans crainte, du sable et des pierres entreposés au chantier du nouvel hôpital en construction. Personne ne sera inquiété, car lui «mémé morale» sera aux aguets pour libérer illico presto tout individu qui sera inquiété par les forces de l'ordre. Inimaginable.

Il a réussi, à coup des billets de banques à embarquer quelques personnalités importantes de la province dans sa schizophrénie. Ces alliés de circonstance n'ont pas la mémoire courte, ils se souviennent encore des libéralités dont ils ont bénéficié durant «l'intimât» de «Excellence Maboko banque». Alors, quoi de plus normal que de revenir à la belle époque. Le paroxysme sera atteint lorsque, lors de sa rencontre avec des «wewa», il franchi la ligne rouge en déclarant que les «yaya» doivent bannir la peur. Il leur dit que la ville est devenue calme. Il faut que ça bouge et qu'il est parfois bon de s'échanger des coups. D'ailleurs, il est important que ça pète le feu dans cette ville ! Il souhaite les crépitements des balles à Inongo ! Les éléments audio de ce speech existent et sont à la portée de certaines autorités et certaines personnes. S'adressant aux confessions religieuses, il a affirmé que lui est venu pour travailler, mais c'est Mputu Paul qui l'empêche d'exécuter ses projets en faveur de la province. Il est devant un choix cornélien, soit il croise les bras et chôme, soit il utilise la manière forte !

Toutes ces démarches pernicieuses n'ont pas laissé l'Eglise catholique indifférente. Raison pour laquelle l'Evêque du diocèse d'Inongo, Donatien Bafuidinsoni, est monté au créneau en tirant la sonnette d'alarme. Dans une lettre pastorale datée du 1er mai 2021 intitulée «N'agissons pas comme des mercenaires», le prélat a réveillé la mémoire collective qui semble minimiser la dangerosité qui campe aux portes de la province dans l'indifférence totale.

Dans ce document bien raisonné, confectionné des mains expertes par cette éminence personnalité, il est écrit : «Ces derniers temps, particulièrement, il s'observe un climat de tension et de division à tous les échelons et au sein de la population du chef-lieu de la province alimenté par certains acteurs politiques en quête de positionnement, de popularité ou en mal d'ambition démesurée qui tourne, à la mégalomanie. Cette situation peut à tout moment, exploser et devenir incontrôlable : il suffit d'une petite étincelle ! Nous avons pourtant, encore frais dans nos mémoires, les tristes évènements de Yumbi en 2018 qui devraient nous servir de leçons». Qui dit mieux ? Il n'y a que des inconscients qui avancent tête baissée pour cheminer avec celui qui est prêt à faire du copier-coller de l'horreur de Yumbi à Inongo.

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