Mali: Les journalistes déplorent les difficultés à exercer leurs métier face à l'insécurité

À Bamako, les différentes personnes rencontrées au sujet de l'enlèvement du journaliste Olivier Dubois oscillent entre espoir et inquiétude. Un mois après sa disparition, la vidéo dans laquelle il apparaît et où il annonce être retenu par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans est perçue comme une preuve de vie par ses confrères de la presse malienne. Une presse qui se questionne sur sa capacité à informer dans un pays où l'insécurité règne.

Dans un bureau de la Maison de la presse où une partie de la corporation des journalistes a ses habitudes, Lanfia Sinaba finalise l'écriture d'un article sur son ordinateur. Abasourdi après l'officialisation du rapt de son confrère Olivier Dubois, son constat sur l'exercice de sa profession est amer : « Je ne suis pas libre aujourd'hui d'exercer mon métier de journaliste sur toute l'étendue du territoire malien. C'est triste, c'est regrettable. »

Dans le nord et le centre du Mali, des zones sont sous contrôle des terroristes. Les journalistes y sont une cible malgré leur volonté de continuer d'informer. Pour Boubacar Bah, c'est un droit fondamental : « Pourquoi ils enlèvent les journalistes ? C'est ça la question. Un journaliste enlevé par un groupe jihadiste, il faut s'attendre à tout, mais nous prions Dieu pour qu'il s'en sort. Aujourd'hui je suis dépité, déboussolé. »

Un journaliste aguerri et rigoureux

Face à lui Boubacar Diarra abonde dans le même sens. Pour lui, la question d'éventuelle négociation comme ce fut le cas pour la libération d'autres ex-otages se pose : « Nous dénonçons fermement et nous demandons à nos autorités et aux autorités françaises de mettre tout en œuvre pour que nos confrères soient libérés. »

Arrivé au Mali en 2015, Olivier Dubois est considéré ici comme un journaliste aguerri et rigoureux, mais surtout connu de tous pour avoir longtemps travaillé pour la presse locale.

Ces dernières années ont été marquées par des prises d'otages. Les journalistes ont été beaucoup victimes de cela. Même pressentiment pour certains hommes de radio des localités du Nord. Disons qu'on ne sait pas, ils ont disparu. Donc c'est un rappel constant que nous vivons la crise et que la presse est vraiment victime de cette crise sécuritaire.

Boukary Daou, directeur de publication du journal malien Le Républicain

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