Cameroun: « La vieille opposition a lamentablement échoué »

interview

Célestin Djamen, président de l'Alliance patriotique et républicaine du Cameroun (APAR).

Après votre départ du MRC, pourquoi avoir choisi de créer votre propre parti politique ?

L'offre politique de l'Alliance patriotique et républicaine du Cameroun (APAR) s'imposait, tant il est patent que la vieille opposition a lamentablement échoué et, pire, elle n'a même pas eu la lucidité de faire son aggiornamento. Or, toute amélioration de ses performances n'est possible que si l'on accepte et reconnaît ses erreurs. L'opposition a multiplié des erreurs en rendant, par son irresponsabilité et son appât du gain facile, toute impossibilité d'alternance. Je ne pouvais donc me fondre dans une opposition désuète et improductive.

Quelle est la vision portée par ce nouveau parti ?

APAR s'inscrit dans l'espace politique camerounais comme un mouvement qui cherche à conquérir le pouvoir et surtout à le conserver. Nous ne sommes et ne serons donc jamais une ONG ou un groupe de pression. Nous sommes un parti politique, pas une église. Choisir la politique c'est choisir de s'engager pour changer par la prise de pouvoir, la vie réelle de nos concitoyens. Nos valeurs sont celles de tolérance, du respect absolu des institutions, de la dévolution du pouvoir par les urnes. Nous cultivons l'amour de la patrie, nous promouvons les valeurs républicaines qui fondent notre vivre-ensemble. Nous aimons le Cameroun avec toutes ses qualités et tous ses défauts, même si nous œuvrons pour plus de qualités.

Notre vision c'est celle d'un Cameroun plus grand et plus prospère sur l'échiquier africain, voire mondial. Nous devons sortir de la logique de pays africains perpétuellement assistés. La souveraineté totale de l'Afrique, et du Cameroun en particulier, est un axe majeur de notre vision politique. La recherche de l'indépendance technologique, militaire, politique et économique est notre aspiration permanente. Nous sommes patriotes et républicains, mais nous pensons que l'Afrique est notre avenir. L'émiettement de notre continent profite d'abord à nos bourreaux d'hier, pas aux Africains.

Il n'y a pas d'élection programmée au Cameroun dans un futur proche. Quel est votre plan d'action ?

Les élections sont lointaines mais certaines. Nous y prendrons naturellement part. Le boycott, pour un parti politique, est d'une incongruité alarmante et renversante. Nous avons la ferme conviction que la compétition électorale s'inscrit dans l'Adn de tout parti politique. Nous nous engageons à concourir à l'expression du suffrage quoiqu'il arrive. En attendant, nous œuvrons à convaincre nos compatriotes sur notre projet de société arc-bouté sur le pacte républicain.

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