Cote d'Ivoire: Ramener la paix à Jacqueville

La mort d'un jeune a provoqué des violences communautaires dans trois villages proches de Jacqueville. Depuis, les autorités locales tentent de réconcilier les communautés.

C'était le 30 avril dernier: trois jeunes de deux villages voisins se sont lancés dans un concours de consommation d'une boisson alcoolisée locale connue sous le nom de "koutoukou". Après avoir bu sept verres de cette liqueur locale, un des jeunes tombe et meurt. La thèse d'un empoisonnement est brandie. Les amis du défunt décident alors de le venger.

Le lendemain, aux environs d'une heure trente du matin, les camarades du défunt traversent la lagune, armés de fusils de chasse, de gourdins et de lances, atterrissent sur l'autre rive et incendient en un temps record trois villages de pêcheurs.

Les habitants en détresse après les incendies

C'est dans l'un de ces trois villages incendiés que nous rencontrons Justine Rossou, 11 ans, élève en classe de CM1. Elle et sa famille ont tout perdu.

"Ils ont brûlé ma maison et ils ont brûlé mon sac d'école. Ils ont aussi brûlé mes cahiers et mes habits. J'ai tout perdu. Aujourd'hui je n'ai même plus d'habits", raconte la jeune fille.

Richard Akoladjé, le chef du village de Tianmien, regarde impuissant les décombres laissés par l'incendie et ses populations qui ne comptent que sur lui. Le chef local a le regard tourné vers les autorités préfectorales.

"On a fait remonter l'affaire à notre supérieure qui est madame le préfet. Elle a pris l'affaire en charge. Donc on l'attend."

Rétablir l'harmonie entre les villages

Les populations de cette partie de la Côte d'Ivoire ont en partage la mer et la lagune. Pour éviter d'autres heurts, l'ONG locale "J'aime Jacqueville" est sur le terrain pour tenter de réconcilier les villages en conflit. Il y a urgence car les populations sont sans abri.

"Avant l'incendie, les populations vivaient en parfaite harmonie", souligne Gabriel Pita, chef des opérations de l'ONG. Selon lui, la méfiance toute nouvelle entre les villages nuit à l'image de la région. "Nous sommes en train de chercher à rapprocher ces deux communautés là, pour que la manière de vivre comme auparavant puisse revenir."

Moise Lapka Esso, chef de terre du village d'Addah et tuteur des habitants sinistrés, tente de trouver des solutions pour ses protégés. Il lance un appel à l'aide. "Pour le moment, nous sommes en train de tendre la main à tous ceux qui peuvent nous venir en aide. Il y a aussi les enfants qui vont à l'école. Ces enfants-là aussi ont tout perdu."

Le bilan de ces attaques de villages est de 180 personnes sinistrées et 45 élèves comme Justine Rossou qui se trouvent dans l'impossibilité d'aller aujourd'hui à l'école.

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