Ile Maurice: Rapatriement - La détresse des Mauriciens bloqués hors du pays

Ils sont des centaines de Mauriciens bloqués ailleurs à attendre un signe qui ne vient pas. Ces Mauriciens, qui ont voyagé pour diverses raisons, n'ont pas pu rentrer à Maurice depuis que les frontières sont fermées avec le deuxième lockdown. Plusieurs se demandent pourquoi il n'y a pas de communication des autorités concernées. Parmi, Laurent Blackburn, un habitant de Quatre-Bornes qui devait rentrer à Maurice le 12 avril. Il est dans le flou total.

Laurent Blackburn est à la Réunion. Il s'y est rendu le 1er février pour une formation qui a duré 10 semaines. Mais entre son départ et la date prévue pour le retour, il y a eu la deuxième vague et un confinement. De plus, depuis le 5 mars dernier, le cabinet des ministres a pris la décision d'interdire du territoire tous les passagers qui ont séjourné à la Réunion, au Brésil, à Mayotte et en Afrique du Sud pendant les 15 jours précédant leur arrivée à Maurice. La raison évoquée est la présence de variants dans ces pays. «Mais à côté de cela, des passagers en provenance d'autres pays où il y a aussi des variants virulents ont pu atterrir à Maurice et faire la quarantaine. Personne n'a expliqué pourquoi cette différence dans le traitement, ni pourquoi le même protocole ne s'applique pas à nous», fustigent des Mauriciens bloqués ailleurs sur un groupe Facebook dédié.

Le problème qui se pose pour Laurent est le laps de temps qu'il a passé sur le territoire français. «Cela fait trois mois que je suis sur le sol français alors qu'à l'origine, je ne devais pas faire autant de temps. Le problème qui se pose désormais est que pour un tel laps de temps, il faut un titre de séjour», explique-t-il. Au consulat de Maurice à la Réunion, il n'a pas eu de réponses. Ses nombreux mails à l'ambassade de Maurice en France ainsi qu'au ministère des Affaires étrangères sont restés sans réponse.

L'impossible rapatriement

«La seule option que j'ai vue est de partir en France pour être sur le vol de rapatriement le 9 mai prochain», explique Laurent Blackburn. Il réserve donc un billet Réunion-Paris. Cependant, pour se rendre en France, il a besoin d'une attestation de la Préfecture à la Réunion. Pour obtenir le précieux document, il y a une condition : avoir une confirmation solide du vol retour. C'est là que l'histoire se complique d'avantage. Un préposé du ministère des Affaires étrangères répond finalement, mais uniquement pour l'informer qu'il doit séjourner 15 jours hors de la Réunion avant de pouvoir rentrer à Maurice. Aucune précision sur les procédures, le pays où il peut ou doit aller ou encore s'il peut obtenir une assistance dans les démarches des autorités concernées. «C'est là que tout bloque. Je suis même disposé à me rendre en France, rester 15 jours là-bas et être sur un prochain vol. Mais pour cela, il me faut toujours une confirmation des autorités qui ne répondent pas. Je ne sais plus vers qui me tourner», déplore-t-il.

Comme Laurent Blackburn, environ 600 Mauriciens sont bloqués hors des frontières. Sollicité, le Dr Zouberr Joomaye, porte-parole du National Communication Committee, assure qu'il y a un desk au ministère des Affaires étrangères pour s'occuper des Mauriciens qui souhaitent rentrer à Maurice et les requêtes passent par eux. Nos appels au ministère sont restés sans réponse. «Il faut savoir qu'à la Réunion, il y a le variant sud-africain, raison pour laquelle il n'y a pas de vols», dit le Dr Joomaye, rajoutant dans la foulée que les avions en provenance de l'Inde transportent principalement des étudiants et ceux qui y étaient pour des traitements médicaux. Pour rappel, le vol MK 111, qui a atterri à Maurice le 28 mai dernier, avait à son bord 30 passagers indiens, dont quatre employés de Larsen & Toubro. Quant à Rajen Narsinghen, constitutionaliste, il estime que cette décision va à l'encontre de l'article 15 de la Constitution qui stipule que «No person shall be deprived of his freedom of movement (... ) the right to enter Mauritius, the right to leave Mauritius and immunity from expulsion from Mauritius» et affirme que des actions légales peuvent être entamées.

Plus de: L'Express

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