Ile Maurice: Consultations pré-budgétaires - Un minimum de soutien espéré

Les rencontres ont débuté à 11 heures avec diverses associations de femmes. Sollicitée, Devika Ramgoolam, secrétaire de la Mauritius Women Entrepreneur Cooperative Federation Ltd, a profité des minutes accordées pour présenter quelques suggestions phares pour soutenir les femmes entrepreneures dans leurs business.

Les principaux points abordés concernent les difficultés majeures auxquelles font face les entrepreneures. Comme le plastique à usage unique non-biodégradable a été banni, plusieurs d'entre elles, notamment celles qui produisent du massala ou encore des snacks comme les chips de banane, sont dans le flou.

«Les alternatives aux emballages coûtent cher. Nettement plus que le produit lui-même. Il faut trouver une solution rapidement pour les aider car elles dépendent des emballages pour leurs ventes au moment de la reprise des activités.»

Comme beaucoup d'entrepreneures dépendent des foires pour écouler leurs produits, Devika Ramgoolam lance un appel pour plus de foires et de points de ventes pour ces femmes à travers l'île. Elle demande aussi que ces femmes puissent opérer dans le terminal du métro.

Devika Ramgoolam plaide aussi pour la révision de l'allocation accordée aux fédérations de femmes. «Étant donné la situation économique difficile, nous ne demandons qu'une petite augmentation afin de pouvoir soutenir les nouvelles sociétés à travers des formations. Nous avons besoin du soutien du ministère des Finances pour la sauvegarde de la fédération.»

Toujours par rapport aux sociétés coopératives, le troisième groupe reçu par le Grand argentier était la Mauritius Consumers Cooperative Federation Ltd, représentée par Daramraj Kona Jerukunondu, son président. Il a rappelé que la fédération couvre divers secteurs tels que l'agriculture, la pêche, le transport, entre autres, qui représentent l'économie dans son intégralité et que ces secteurs ont été très impactés par le Covid-19.

Tout en sachant que la situation économique a pris un coup et que la marge de manoeuvre du ministre des Finances est limitée, Daramraj Kona Jerukunondu a dit s'attendre à un soutien aux coopératives concernées. Selon lui, ces sociétés servent le peuple, créent de l'emploi, contribuent à la modernisation sans exploitation. «Sans soutien, les coopératives vont chuter. (... ) Avec l'importation, qui est coûteuse, il vaudrait mieux booster le local.»

Normes modernes d'opération

Pour le sous-secteur qu'il représente, soit les boutiques, ses demandes prioritaires sont comme suit : deux transports, un véhicule frigorifique et un véhicule pour livrer les produits aux boutiques. Il souhaite aussi pouvoir remettre en état la centrale d'achat située à Plaine-Lauzun pour se conformer aux normes modernes d'opération. Il a demandé au ministre des Finances de détaxer tous les équipements pour les boutiques, comme la caisse-enregistreuse et les étagères. Il souhaiterait aussi qu'un prêt bancaire leur soit accordé avec un remboursement sur le long terme pour que les boutiques existantes puissent se développer.

Hormis les demandes dans l'intérêt du développement de la femme, leur protection a aussi fait l'objet de discussion par les activistes femmes présentes. Car la violence contre elles est constante.

Marie-Noëlle Elissac-Foy, la fondatrice de Platform Stop Violans Kont Fam, dit n'avoir formulé qu'une seule requête. «C'est celle de commencer une réflexion sur l'introduction du bracelet électronique sur un homme violent que sa femme/partenaire aura dénoncé à la police, soit un dispositif anti-rapprochement. Ce dispositif relié à la police, qui serait ainsi avertie, dissuaderait un agresseur de s'approcher de la victime. Ce que n'empêche pas le Protection Order, ni qu'elle soit tuée d'ailleurs», explique-t-elle.

Ce dispositif viendrait renforcer, selon notre interlocutrice, les mesures déjà en vigueur. Soulignant que le bracelet électronique a été introduit sur les hommes violents en Espagne, cette mesure pratique a donné des résultats positifs. Ce bracelet électronique porté par le conjoint violent, permettrait non seulement de protéger la femme au quotidien mais lui permettrait aussi de recommencer à mener une vie normale.

De son côté, Anushka Virahsawmy, la directrice de Gender Links, a évoqué les mesures nécessaires ayant trait aux droits à la santé sexuelle et reproductive, qui comprennent notamment les grossesses d'adolescentes, qui sont en hausse. Pour elle, «il faut une mesure budgétaire pour soutenir et accompagner ces adolescentes car ces jeunes n'ont pas forcément d'aide à l'hôpital ou au dispensaire.»

Pour ce qui est de la santé menstruelle, comme il y a des filles qui ne peuvent aller à l'école quand elles ont leurs règles car leurs familles n'ont pas les moyens d'acheter des serviettes hygiéniques, la directrice de Gender Links a suggéré que le ministère des Finances fasse provision pour que des serviettes hygiéniques soient offertes en cadeau dans les écoles. Elle a aussi demandé que l'éducation sexuelle soit renforcée.

Connectivité au ralenti

Quant à Afzal Delbar, le secrétaire général de la Freeport Operators Association, il a fait part des demandes dans l'intérêt des opérateurs du port franc. Celles-ci portent principalement sur la préservation du global trading, qui permet d'acheter une marchandise d'un port et de l'exporter directement chez le client, sans avoir à passer par Maurice, sur le maintien du taux de taxation à zéro pour quelques années encore. Et que les entreprises de ce secteur soient considérées sous l'Export Remuneration Order afin que toutes les facilités dont bénéficient les compagnies d'exportations soient étendues à celles du port franc.

Par ailleurs, soulignant que déjà que la connectivité tourne au ralenti en raison du Covid-19, il a souhaité que le gouvernement redynamise la connectivité maritime et développe le fret aérien lors de la réouverture des frontières pour soutenir les exportations et exploiter les accords signés.

Le secrétaire général de l'association a aussi rappelé que les problèmes, notamment de bureaucratie et les changements de règlements, entre autres, qui découragent les opérateurs ayant investi dans le secteur, existaient bien avant la pandémie du nouveau coronavirus. Toutefois, Afzal Delbar reste positif pour le prochain budget car ses demandes ne sont pas axées sur le financement, dit-il. «Nous souhaitons simplement préserver nos acquis.»

Plus de: L'Express

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