Algérie: Mémoire - Renouer avec les dénominateurs communs pour contrer toute atteinte à l'intérêt de la patrie

Alger — Des enseignants, chercheurs et experts en histoire ont mis en exergue l'importance de "renouer avec les dénominateurs communs de la mémoire collective".

Dans ce cadre, Dr. Mohamed Haouès de l'Université Djilali Bounaama (Khemis Miliana) et membre du Conseil scientifique du Centre national sur le mouvement national et la Révolution du 1er novembre 1954 (CNERMN54) a plaidé pour le renouement avec les dénominateurs communs de la mémoire collective pour contrer tous ceux qui tentent de porter atteinte à l'intérêt de la patrie, sa stabilité et son unité.

A ce propos, il appelé tout un chacun à œuvrer à la concrétisation de la renaissance civilisationnelle à travers la participation à l'édification de l'Algérie moderne et nouvelle.

Soulignant l'impératif "d'investir dans la mémoire pour construire le présent et prospecter l'avenir, Dr. Haouès a rappelé que le colonisateur s'est acharné, dès le début de l'occupation, à l'alienation de l'identité du peuple algérien".

De son côté, Tlemçani Benyoucef, enseignant à l'université de Blida 2 et président du Conseil scientifique du CNERMN54 affirme que la mémoire nationale, en tant qu'ensemble de dénominateurs communs à la collectivité doit être préservée pour asseoir des passerelles entre générations, "d'où l'importance de veiller à l'écriture et à l'enseignement de l'histoire, legs mémorial à même de garantir une transition intergénérationnelle fluide".

Il a préconisé, dans ce sens la poursuite du travail et des efforts avec la partie française pour "récupérer les archives nationales et les crânes restants et examiner les dossiers des disparus et des explosions nucléaires", faisant remarquer que ces questions "sont une partie importante de la mémoire nationale".

Pour ce spécialiste, la célébration de la Journée nationale de la Mémoire, le 8 mai de chaque année, se veut "une opportunité pour se rappeler des ignobles massacres commis par l'occupant brutal contre des citoyens désarmés".

M.Tlemsani a estimé, à cette occasion, que la célébration de la Journée nationale de la Mémoire à la date du 8 mai "vise à ancrer ces crimes dans les esprits des générations futures et à leur rappeler que le recouvrement de la souveraineté nationale n'a été au prix de millions de chouhada et de lourds sacrifices de 1830 à 1962".

Soulignant "l'attachement des chercheurs à l'objectivité dans l'écriture de l'histoire avec et à la préservation des différents monuments et sites historiques à travers toutes les wilayas du pays pour immortaliser ces sacrifices consentis au service de l'indépendance", il a mis en avant l'impératif de préserver la mémoire nationale à travers la communication, les rencontres nationales et internationales et la publication de thèmes historiques à travers les réseaux sociaux.

Dans le même contexte, il a salué la création d'une chaine nationale de la mémoire rattachée à la Présidence de la République et dont le Conseil scientifique est présidée par le Conseiller du président de la République pour la mémoire.

La mémoire nationale, socle de la citoyenneté

Pour sa part, le SG de l'Organisation nationale des enfants des chouhada (ONEC) Tayeb El Houari a fait état d'un riche programme arrêté sur 10 jours pour la célébration de la mémoire nationale comprenant des conférences sur l'histoire, des visites aux monuments historiques et des commémorations et des témoignages vivants.

Dans ce sillage, M. El Houari a plaidé pour une loi incriminant l'occupation et le renforcement de l'enseignement de l'histoire dans les établissements d'éducation, de formation, d'enseignement supérieur et des jeunes".

De son côté, le président de l'Association des anciens SMA, Moustafa Saadoune, a affirmé que la mémoire nationale "est l'un des fondements à même d'asseoir la citoyenneté véritable et préserver l'histoire de la nation et de s'en enorgueillir".

M.Saadoune a tenu, à cette occasion à mettre en avant le rôle de son association dans la consécration de cette dimension nationale auprès des jeunes et des enfants, à travers des actions de proximité pour leur faire connaitre les sacrifices consentis par les aïeux.

"Les SMA ont joué un rôle axial dans le Mouvement national et la lutte armée, mais aussi dans l'éducation des jeunes et leur imprégnation des principes et valeurs de la citoyenneté et du sacrifice au service de la patrie", a-t-il conclu.

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