Ouganda: Sentence de la CPI contre Dominic Ongwen (LRA) - 25 ans de prison

La CPI estime que le passé d'ancien enfant-soldat de Dominic Ongwen ne justifie pas ses crimes de guerre et contre l'humanité. Le commandant de la rébellion de l'Armée de résistance du seigneur écope de 25 ans de prison.

"A la lumière de la gravité des crimes que vous avez commis, la chambre vous condamne à une période totale d'emprisonnement de 25 années", a déclaré ce jeudi matin (06.05.2021) le juge allemand Bertram Schmitt en s'adressant à Dominic Ongwen.

Celui-ci avait été reconnu coupable en février de dizaines de chefs d'accusation, dont des meurtres, viols, cas d'esclavage sexuel, pillages et plusieurs attaques contre des civils en Ouganda.

Après des années de cavale, il s'était rendu lui-même à la justice en 2015.

Un procès historique

C'est la première fois qu'un commandant de la brutale rébellion est envoyé en prison pour des crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Comme Dominic Ongwen a déjà passé six ans en détention provisoire, la sentence sera réduite à 19 ans de prison effective. Cette sentence était très attendue car la défense de l'accusé avait mis en avant la propre histoire de l'ancien chef rebelle âgé de 46 ans.

Durant son enfance, Dominic Ongwen avait été lui-même victime de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) avant de devenir une des figures de cette rébellion.

Selon le juge principal, malgré le fait d'avoir été recruté de force comme enfant-soldat, Dominic Ongwen est pleinement responsable des faits incriminés et a agi de manière volontaire tout en ne faisant rien pour rompre avec la rébellion.

Cependant, les juges ont pris en compte son expérience personnelle et la violence subie durant son enfance pour rendre la sentence moins sévère que la réclusion à perpétuité.

Une défense compliquée

Enfant, Dominic Ongwen a en effet été enlevé par la LRA et en a gravi les échelons au point de devenir le représentant personnel du chef de cette rébellion en fuite, Joseph Kony. La défense avait insisté sur cette expérience personnelle qui, selon elle, a provoqué un trouble mental chez l'accusé Ongwen qui aurait été contraint de commettre des crimes.

Malgré cette argumentation, les juges ont prononcé la condamnation en février en retenant au total 61 des 70 chefs d'accusation.

Le procès ouvert en décembre 2016 aura été l'un des plus complexes tenus jusqu'ici devant la justice internationale. La défense de Dominic Ongwen, qui a déjà fait recours contre la condamnation en février, peut aussi attaquer le jugement prononcé ce jeudi.

Plus de: DW

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