Sénégal: Mbour / Alternative aux préoccupations d'emploi des jeunes - De nouvelles pistes à explorer

«La volonté de l'Etat de rompre avec la précarité de la condition des jeunes est perçue comme une donne salvatrice mais aussi au centre d'une grande interrogation. L'appel à l'emploi ou bien l'offre à l'emploi, sont deux faits au centre d'une complexité.

La formation est nécessaire au demandeur d'emploi et vice-versa ; le demandeur doit se prévaloir de compétences avérées pour l'exercice d'un métier. Toute chose égale, par ailleurs, tout métier s'apprend». Tels sont les propos de Sidate R. Diallo, un observateur averti des problèmes d'emploi. De nouvelles pistes dans des niches comme le pétrole et le gaz sont à explorer pour des solutions durables. Quelques propos recueillis témoignent des expériences au bord de la saturation.

Les réponses à l'appel des jeunes suite à leur sortie musclée du mois de mars 2021, plongent dans une profonde introspection. Des années durant, sans aucune perspective, des jeunes ont parlé à partir d'un prétexte, une tension politique et sociale spontanée. M.S, un jeune d'une trentaine d'années, interrogé, se désole d'une prise de position de l'Etat aussi tardive.

Ce diplômé de l'enseignement supérieur, après vingt-cinq d'études, peine à se payer le déjeuner. Il reste attaché aux basques de ses parents sans qui, il n'existe pas. Il n'est pas plus heureux que son voisin, habitant d'en face qui, après des années passées sous les drapeaux, se retrouve dans l'oisiveté la plus totale. Il ne connait d'arguments que le maniement des armes et passe des journées entières à méditer. Les quelques rares occasions de travailler à lui offertes se résument à des prestations auprès de sociétés de gardiennage les payant des miettes, sporadiquement au gré du vent. Ces deux éléments du fameux contingent des sans emploi, sans travail, en disent long sur la masse silencieuse sortie des profondeurs du pays analphabètes et accrochée au gré d'une prestation de services dans les grandes villes.

Comble de désolation, le département de Mbour ou la Petite Côte, jadis, un «Eldorado» pour bon nombre de ruraux, est devenu une contrée austère et dérivative de soucis multiples. Le contexte de marasme économique a fini de montrer les limites de la pêche et du tourisme, fortement impactés par la Covid-19. Ces deux secteurs transversaux ont fini de montrer combien des alternatives sont importantes à initier pour parer à des imprévus. Les artistes sont dans le désarroi avec la fermeture des hôtels et des pères de famille sont dans le désespoir. Et comme si cela ne suffisait pas, la ceinture maraîchère de Mbour, avec ses productions de légumes, est complètement désemparée, à cause de la mévente des productions (légumes). La surproduction et les limites du marché ont poussé des horticulteurs et des maraichers à mettre la clé sous le paillasson.

Plus de: Sud Quotidien

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