Sénégal: Club des investisseurs sénégalais - Des experts tracent les chemins de l'industrialisation

À l'occasion d'un panel organisé jeudi à Dakar, par le Club des investisseurs sénégalais (Cis), des experts ont abordé les défis liés à l'industrialisation, notamment l'augmentation de la production agricole et la valorisation de l'artisanat.

« L'industrialisation comme vecteur du développement et de l'emploi au Sénégal ». C'est le thème soumis à la réflexion des experts et intellectuels sénégalais, jeudi 6 mai, à l'occasion du deuxième numéro « Des jeudis du Club des investisseurs sénégalais ». Une problématique imposée par le contexte économique et sanitaire, selon le Président du Cis, Babacar Ngom. « L'industrialisation constitue un chantier important pour le Sénégal, notamment dans ce contexte de crise sanitaire et économique. Quand on dit industrialisation, on pense à l'agriculture, la pêche, les mines, l'artisanat qui nous permettent de produire, de transformer et d'équilibrer la balance commerciale, car la crise nous a appris que nous devons compter sur nous-mêmes sur le plan de la santé, de l'éducation, de l'économie, etc. », dit-il, rappelant que l'idéal est de « produire ce que nous consommons et de consommer ce que nous produisons ».

Le Directeur général d'Agroseed, Moctar Fall, insiste, de son côté, sur les défis à relever, en particulier la production. « L'industrie, c'est la production en amont. Notre premier problème est qu'on ne produit pas assez. C'est une situation paradoxale, car le pays a le potentiel pour produire, consommer et exporter », dit-il. Ce problème découle, à son avis, d'un défaut de formation et de la faible mécanisation. Il en veut pour preuve une ville marocaine, Agadir, où, avec les mêmes techniques agricoles qu'au Sénégal, la production de tomates fraîches est de 120 tonnes à l'hectare alors que dans la vallée du fleuve Sénégal, on peine à sortir 30 tonnes sur la même surface.

Se départir de la posture de « chef d'entreprise-boss »

S'interrogeant sur « de quoi l'industrialisation est-elle le nom ? » le prospectiviste Alioune Sall, également Directeur exécutif de l'Institut des futurs africains, note que l'industrie « souffre d'une certaine polysémie ». « Le premier défi est de s'entendre sur quel type d'industrie on parle », constate-t-il d'entrée. Il énumère ensuite les défis du développement industriel, parmi lesquels un système éducatif qui valorise les métiers de l'artisanat jusque-là basé sur la transmission ésotérique. « Il n'y aura pas de tissu industriel sénégalais si on ne prend pas en compte l'artisanat », estime M. Sall.

À l'en croire, il va falloir également se départir de la posture de chef d'entreprise-boss. Ce, en allant plus vers la construction de réseau. Sans oublier, dit-il, la nécessité de disposer d'une ambition nationale. Le tout, avec l'accompagnement de l'État. « Il est important d'avoir un État digne de ce nom et stratège. Sans l'État, il n'y a pas d'industrialisation. Il a une véritable responsabilité dans l'effondrement de plusieurs filières, telles que le textile », assure Alioune Sall.

Plus de: Le Soleil

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