Sénégal: Préparatif de la korité chez les tailleurs - Des commandes encore en dessous des attentes

Du côté des tailleurs, la pesanteur due au Coronavirus est également ressentie. La plupart des Sénégalais préfèrent rester chez eux, les jours de fête, par crainte d'être contaminé par la maladie ou par manque de moyens. «Je peux dire qu'il y a une petite différence entre le travail de l'année dernière et celui de cette année parce que nous sommes toujours en plein pandémie.

Les gens ont toujours peur des rassemblements. C'est vrai que c'était catastrophique pour nous l'année dernière ; mais, les affaires ne marchent pas non plus, cette année, comme avant. C'est peut-être dû aussi au fait que les adultes préfèrent la Tabaski à la Korité. D'habitude, ce sont les enfants qui sont plus imprégnés de cette fête. Les adultes attendent la Tabaski pour prendre rendez-vous avec les tailleurs. Jusqu'à présent, nous ressentons la présence de la Covid-19.

Sur le plan économique, les gens sont toujours affectés. J'ai des commandes certes, mais pas autant que d'habitude.

Avant, je commençais à veiller la nuit après 15 jours de jeûne parce que je recevais beaucoup de commandes. Pour cette année, comme ça ne marche pas trop, j'ai préféré attendre la dernière semaine pour commencer à travailler la nuit», explique Djilly Thiam, styliste et propriétaire d'un atelier situé à l'entrée de Guediawaye. Pour ce jeune styliste, travailler la nuit est un atout pour les tailleurs. «Vu que pendant la journée je manque de temps, avec l'accueil de clients, les commandes, la discussion, je préfère attendre la nuit pour mieux me concentrer. L'avantage de travailler la nuit, c'est qu'on peut avancer dans ce qu'on fait en toute tranquillité. L'unique inconvénient, c'est que des fois, il peut y avoir des problèmes d'insécurité. C'est pourquoi je préfère fermer mes portes et rester à l'intérieur», conclut M. Thiam.

A Route de Boune, Abdou Faye, propriétaire d'un atelier de couture, déplore le manque de clients en cette période d'avant fête. «Cette année, nos affaires marchent bien par rapport à l'année dernière. Nous recevons des commandes même si c'est encore en dessous de ce qu'on avait l'habitude d'avoir en période de fête. Je sens que les gens se relèvent peu à peu de la pandémie. Les clients viennent timidement. On est à une semaine de la fête et nous continuons encore de recevoir des commandes. Si j'avais beaucoup de commande avant, je ne prendrai surement pas le risque de prendre encore d'autres commandes», notifie Abdou Faye. Ce tailleur affirme que même si travailler la nuit est plus aisé, ce n'est jamais facile de passer la nuit hors de chez soi. «Le fait de passer la nuit hors de chez soi n'est jamais facile à gérer ; mais, c'est nous qui avons opté de faire ce métier. Nous le faisons parce que le matin, nous ne trouvons pas le temps de mieux nous concentrer avec les clients qui défilent chez-nous. En dehors des périodes de fêtes, nous descendons à 23h. Mais maintenant, nous passons toute la nuit à travailler. Je travaille tous les jours jusqu'à 3h du matin, ensuite je rentre chez-moi me reposer un peu pour revenir vers 5h du matin. Le temps que je rentre chez-moi pour me reposer, mes associés prennent le relai.»

«WAX», «VOILE-BRODE», «BRODE-MARIGEUYE» ET «CONTRE GETZNER» ; «FIL-A-FIL» ET «SUPER-CENT» Les tissus en vogue, pour la Korité 2021

A quelques jours de la célébration de la fête de Korité, marquant la fin du Ramadan, les préparatifs vont bon train. Comme chaque année, sur le marché, il y a toujours une nouvelle tendance de tissus. Pour cette année les tissus qui sont en vogues sont les «wax», «voile-brodé», «brodé-marigeuye» et le «contre getzner» pour les femmes. Et pour les hommes, nous avons les «fil-à-fil», «super-cent». Mais les choix différèrent selon la préférence des clients.

Chaque année de nouvelles gammes de tissus envahissent les marchés. Au niveau des boutiques de vente de tissus c'est le branle-bas pour satisfaire les clients. À moins d'une semaine de la Korité, au marché Unité 3 des Parcelles Assainies, situé dans la banlieue dakaroise, l'ambiance est au rendez-vous. Pour attirer plus de clientèle, certains vendeurs mettent de la musique, malgré le Ramadan et d'autres utilisent du haut-parleur. Cela participe à maintenir l'ambiance dans le marché. Ces femmes sont venues faire leurs achats et s'occuper de leurs enfants. «J'ai acheté cinq (5) mètres de «voile brodé». Je préfère les tissus légers qui sont faciles à coudre et c'est à la mode actuellement», indique Fatou Diouf, une cliente. Salif Gueye, trouvé dans son magasin en train de parler au téléphone, nous fait savoir, après avoir terminé, que les clients se font un peu rares. «Peu de clients viennent ici pour acheter des tissus, mais j'espère qu'ils seront plus présents les derniers jours du Ramadan», déclare le jeune vendeur de tissus. Soulignant que le «brodé», le «voile brodé» sont en vogue cette année. Ce sont des genres de tissus qu'on voit partout. A quelques encablures, une autre vendeuse est trouvée allongée sur une natte dans sa cantine, du fait du Ramadan. Habillée en jean noir avec un voile rouge sur la tête, Amina Senghor, vendeuse de tissu, confie : «cette année la tendance, c'est le «brodé».

Plusieurs personnes achètent ça en cette période de chaleur». Dans une des boutiques, Saliou Ndoye est aidé par une fille et un autre jeune garçon pour satisfaire la clientèle. «Brodé», «wax», «brodé simple», «contre getzner», des tissus à la mode il y en il y a pour tous les prix, pour satisfaire toutes les bourses. Il explique : «les clients viennent pour acheter le «brodé», «wax» et le «contre getzner» qui sont très prisés cette année». Pour les variétés, il parle du «voile brodé» et du «brodé marigeuye» dont les prix varient entre 3000 francs Cfa et 6000 francs Cfa le mètre. Pour les «brodés» aussi, il y a différentes qualités qui vont jusqu'à 35000 francs Cfa le paquet de cinq (5) mètres. De son côté, Modou Mbengue vend des tissus pour hommes. «Le «fil-à-fil» et le «super cent» sont très prisés pour le moment», affirme-t-il.

DES CAMERAS DE SURVEILLANCE POUR TRAQUER LES VOLEURS

Cependant, en dehors des clients qui se font encore désirer, c'est le phénomène des vols qui inquiète les commerçants en période de fête. Pour y remédier, nombre d'entre eux recours à des caméras de surveillances installées dans beaucoup de commerces pour plus de sécurité. Ont-elles des effets sur ces vols en cette période ? Ce commerçant répond par l'affirmatif. «Dans ce magasin, on a mis des caméras de surveillance qui nous aident beaucoup à surveiller nos marchandises parce que plusieurs personnes rentrent ici», affirme ce jeune vendeur. Il renchérit : «l'année dernières, on a failli nous voler nos marchandises par manque de vigilance». Cet homme âgé d'une trentaine d'années trouvé dans son magasin nous fait savoir : «je n'ai pas de caméra de surveillance dans mon magasin parce que je n'en ai pas les moyens». Néanmoins, pour lui, c'est essentiel d'avoir des caméras de surveillance.

Plus de: Sud Quotidien

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