Sénégal: Préparatifs de la korité - Vendeurs de tissus et tailleurs, «sur leur faim»

Alors que le Ramadan amorce sa dernière ligne droite, notamment les dix derniers jours, l'heure est déjà aux préparatifs de la Korité chez nombre de Sénégalaises et Sénégalais. Un moment très attendu, chaque année, par certaines catégories socioprofessionnelles. C'est une période féconde pour les commerçants, en particulier les vendeurs de tissus, et les tailleurs. Toutefois, la présence de la Covid-19 au Sénégal continue d'entamer les affaires ; elle est considérée par les gens de ces secteurs d'activité comme un frein à leur travail. En ce sens que les impacts de la pandémie sont toujours ressentis.

Contrairement à 2020 où les restrictions liées à lutte contre la propagation de Covid-19 notamment l'état d'urgence assorti de couvre-feu de 20h à 6h du matin, en vigueur à pareille période, ont plombé beaucoup d'initiatives, cette année 2021, le Ramadan et les préparatifs de la fête de la Korité à venir se déroulent en mode libération de l'activité économique. Malgré la présence toujours de Covid19 avec qui l'on a appris à vivre désormais. C'est ainsi qu'en ces dix derniers jours du mois béni, les préparatifs de la Korité, marquant la fin du Ramadan occupe plus d'un.

En effet, les préparatifs de fête au Sénégal sont souvent les périodes les plus prolifiques pour les tailleurs et les vendeurs de tissus. C'est pour eux, le moment où les affaires marchent, à merveille. Entre les tissus les plus en vogue et les nouveaux modèles de vêtement traditionnels, hommes et femmes, filles et garçons tout comme les enfants vivent cette période avec enthousiasme, d'habitude. Seulement, avec la crise sanitaire due au Coronavirus, tous les secteurs d'activités ont subi un changement. Les affaires ne marchent plus comme avant. Les Sénégalais ne préparent plus les événements comme de coutume. Cela affecte le secteur d'activité des vendeurs de tissus et tailleurs. Ces derniers soufrent encore des restrictions établies l'année dernière, à cause de la Covid-19.

COMMERCE DE TISSUS EN CETTE VEILLE DE FETE : Reprise timide des bonnes affaires, à cause de Covid-19

La prévalence de la pandémie à Covid-19 impose une reprise timide des bonnes affaires aux de tissue en cette veille de fête de la Korité. «L'année dernière, avec la pandémie, la majeure partie de mes clients qui sont originaires des autres régions sont restés à Dakar pour la Korité. Ils ne sont pas tous venus acheter des tissus par flemme, pour certains, de se faire beau en pleine crise sanitaire et, pour d'autres, de ne pas trouver de beaux tissus avec la fermeture des frontières. Pour les enfants aussi, beaucoup de parents ont préférés aller vers les boutiques de «prêt-à-porter».

C'est à cause de ça que mon chiffre d'affaire avait baissé, contrairement à cette année, je rends grâce à Dieu. J'ai énormément de modèles de tissus que je n'avais pas en 2020. Les gens ont commencé à acheter des tissus depuis le dixième jour du mois de Ramadan, malgré qu'on soit toujours en pleine crise sanitaire», explique Malick Sarr, gérant de boutique de tissus, situé à Pikine marché Zinc. Malgré la garniture de tissus de toutes couleurs et marques dans les boutiques des commerçants, la Covid-19 continue encore de peser sur leurs activités. «Il y a une différence entre nos ventes de l'année dernière et celles de cette année. Avec la pandémie du Coronavirus, nos affaires étaient vraiment suspendues. Les gens pensaient plus à trouver de quoi se nourrir que d'acheter des tissus pour les fêtes. Beaucoup avaient arrêté de travailler et ceci les avait appauvris.

De notre côté aussi, la marchandise était inaccessible, voire très chère, avec la fermeture des frontières. Nous sommes toujours en plein Covid, mais, contrairement à l'année dernière, nos affaires marchent bien. Les gens viennent faire leurs achats», avance Lahad Sylla, un des gérants d'une boutique d'entreprise au marché Dior des Parcelles Assainies. Loin de là, au marché de Ouakam aussi, les commerçants ressentent encore la présence de la pandémie, même si leurs affaires progressent petit à petit. «C'était très dur pour nous, l'année dernière. La crise sanitaire nous avait complètement assommés, avec la restriction des heures de travail. Nous ne pouvions travailler que de 8h à 16h.

Cette année, au moins, nous travaillons jusqu'à 23h et des fois même jusqu'à minuit. Les clients défilent tout le temps chez-nous. Ça nous manquait vraiment. Les tissus-tendances sont les plus recherchés par les femmes. Nous vendons des «brodé-voiles», des «basins-riches» et chez les hommes, du «fil-à-fil» ; et ça marche bien. L'événement est vraiment bien attendu», affirme Khadim Gueye, gérant d'une grande boutique située au marché de Ouakam.

MERCERIES ET VENDEURS DE GARNITURES AUX AGUETS

Au niveau de leur mercerie, qui est en face du magasin de tissu, son frère Mor Gueye fait des «va-et-vient» incessants entre des clients et son comptoir. Il conseille ses visiteurs sur les choix de garnitures qu'ils pourraient associer à leurs tissus. «Les vendeurs de tissus, les tailleurs et ceux qui sont dans les merceries travaillent ensemble. Nous sommes indispensables pour les tailleurs. Nous vendons les compléments nécessaires pour la confection de vêtements traditionnels. La crise sanitaire avait vraiment affecté notre secteur d'activité. Nous ne pouvions travailler que deux fois dans la semaine. Quelqu'un qui descendait avec plus de 300 mille francs CFA par jour, ne pouvait avoir plus de 25 mille. C'était vraiment très grave. Les affaires ne marchaient pas du tout. Cette année, au mois, je travaille jusqu'à 3h du matin. Je ne peux pas descendre tôt parce qu'à tout moment un client peut avoir besoin d'une chose urgente. La fête se prépare au calme actuellement», souligne Mor Gueye.

Plus de: Sud Quotidien

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