Ile Maurice: Bloquée à Maurice depuis janvier - Une Rodriguaise de 78 ans ne peut décoller

Elle a débarqué à Maurice le 14 janvier, pour l'implantation de sa fistule en vue de ses séances de dialyses à venir. Cette Rodriguaise de 78 ans devait regagner son pays natal le 20 mars mais cela n'a pu se faire en raison du confinement qui a été instauré dix jours plus tôt.

Finalement, hier, jeudi 6 mai, la septuagénaire devait prendre l'avion, après avoir fait sa quarantaine. Sauf qu'en embarquant dans le véhicule qui allait la déposer à l'aéroport Sir Seewoosagur Ramgoolam, on l'informe qu'elle ne peut pas quitter Maurice.

Sollicitée, sa fille qui l'a accompagnée depuis Rodrigues dit ne pas comprendre les raisons derrière cette interdiction. «Mercredi (5 mai), soit le jour où elle a complété sa quarantaine, elle n'était pas en bonne santé. Elle a alors été transportée à l'hôpital du Nord où elle a été soumise à une séance de dialyse pour la première fois. Elle en est sortie hier matin. On devait rentrer dans notre île à bord du vol MK 130 qui devait décoller à 12 h 30, comme une soixantaine de nos compatriotes. Mais, on nous a dit qu'on n'allait pas pouvoir voyager. On ne comprend pas. Ma mère a effectué quatre tests PCR qui se sont révélés négatifs. Idem pour les trois tests auxquels j'ai été soumise. Le médecin lui a dit qu'il n'y avait aucun problème à prendre l'avion», nous confie sa fille.

Pas des animaux

D'ajouter que si le fait que la sexagénaire ait été hospitalisée y est pour quelque chose, on aurait pu les informer mercredi soir que sa mère n'allait pas pouvoir prendre l'avion. «Admettons que ma mère ait pu être contaminée, quelle est la logique de laisser partir nos autres compatriotes qui auraient pu être infectés aussi lorsqu'on a été en contact dans le véhicule ?» se demande-t-elle.

Mère et fille ont été conduites dans un autre hôtel, «le temps de pouvoir prendre un prochain vol». «Nou pa zanimo nou, met nou enn plas, zis manzé resté. On a une famille et une vie qu'on a laissées derrière nous à Rodrigues depuis janvier dernier», s'exclame notre interlocutrice.

Protocole

Un préposé du ministère de la Santé nous explique que c'est le protocole qui a été mis en place. «Selon le protocole, la personne ne peut pas quitter son centre de quarantaine avant de prendre l'avion pour rentrer à Rodrigues. Dans le cas présent, bien que la femme se soit rendue dans un centre de santé, et ainsi, un endroit où toutes les mesures sanitaires sont respectées, le fait reste que sa quarantaine a été interrompue. Si on l'a empêchée de prendre l'avion, c'est pour des raisons médicales. On ne peut pas compromettre la santé des autres passagers avec qui elle aurait voyagé dans l'avion, si jamais elle a été contaminée. On doit la garder sous observation pour une autre quinzaine», précise-t-on. Le commissaire de la Santé à Rodrigues, Pierre Simon Roussety, n'a pu commenter sur ce cas.

Absence de communication des habitants de l'île autonome en pleine dépression

Le coup de fil de lundi 3 mai annonçant aux Rodriguais l'annulation de leur séjour en quarantaine a été une source d'angoisse pour eux. «Il n'y a aucune explication. Sauf pour nous dire que c'est une décision du bureau du Premier ministre», raconte un Rodriguais. Celui-ci se demande s'il verra sa famille prochainement où s'il faut tout commencer de zéro. Une mère de famille craint qu'avec la découverte de nouveaux cas de Covid-19 dans le Sud, le gouvernement cessera tout vol vers Rodrigues. «Beaucoup d'entre nous commencent à craquer psychologiquement. Nous déprimons. Donnez-nous au moins une garantie. Veulent-ils avoir des morts sur leur conscience ?» dit-elle. Une autre habitante a pris contact avec ses amis à Maurice pour leur dire qu'il ne reste que deux sachets de «mine» Apollo pour le reste de son séjour.

Plus de: L'Express

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