Seychelles: Covid-19 aux Seychelles - Ce que disent les chiffres

Depuis l'ouverture des frontières le 25 mars, les Seychelles font face à une nouvelle vague de contamination. La situation a surpris non seulement les autorités au pays, mais aussi le monde en entier car les Seychelles figuraient parmi les rares pays qui ont vacciné au moins 60% de la population. Mais en regardant les chiffres de plus près, il ressort que la situation n'est pas si anormale...

Tout d'abord, il faut garder en tête qu'il a été établi que les vaccins ne protègent pas contre l'infection, mais contre les formes graves de la maladie. Ainsi, depuis la nouvelle vague aux Seychelles, il n'y a pas eu de décès à déplorer et malgré la prévalence des contaminations - plus d'un cas par 100 habitants - le système de santé est loin d'être saturé.

«Puis, il faut aussi prendre en considération les vaccins utilisés» dit Houriiyah Tegally, doctorante en bio-informatiques. Les Seychelles ont utilisé en grande partie le Sinovac, Sinopharm et Covishield d'AstraZeneca.

«Ces vaccins n'ont pas une efficacité aussi élevée que les vaccins mRNA de Pfizer par exemple, mais c'est mieux que rien. Cependant, avec la circulation de variants, l'efficacité diminue. Mais le vacciné est toujours protégé contre les formes graves» explique-t-elle.

D'autres pays, comme Israël, qui a vacciné une majeure partie de sa population avec le Pfizer, a ouvert ses frontières sans de changement notable dans le nombre de cas récences.

Quant aux chiffres, les Seychelles a annoncé que 60 % de la population a eu deux doses du vaccin. Cependant, il n'y a que 45 % qui ont été vaccinés il y a plus de 15 jours, temps requis en moyenne pour que les vaccins soient totalement efficaces.

Herd Immunity

Au début de la pandémie, avant même l'avènement des vaccins, les spécialistes parlaient d'immunité collective avec 60 % de la population vaccinée. Avec l'apparition des variants les nouvelles données sur le fonctionnement des vaccins, ce chiffre a été revu à la hausse au fil des semaines.

Aujourd'hui, certaines études parlent d'une immunité collective à 85 % de la population. «Puis, il faut garder en tête que lorsque 60 % de la population est vaccinée, il reste quand même 40 % à risque. De plus, il faut définir quelle est la population qui a été vaccinée. Est-ce les personnes à risques ? Si tel n'est pas le cas, il n'y aura pas d'immunité collective», explique la chercheuse.

Donc, même vaccinés, on ne viendra pas à bout du Sars-CoV2 ? «Ce qui se passe aux Seychelles n'est pas une bonne nouvelle pour les petits pays privés de vaccins. Mais il faut maintenir la campagne. Puis, lorsque le seuil sera atteint, il faudra quand même garder les gestes barrières», prévient Houriiyah Tegally.

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