Tchad: Wakit Tama appelle à manifester malgré les exigences des autorités de transition

Vue aérienne de la capitale tchadienne, Ndjamena, le 9 mai 2021.

La coordination citoyenne Wakit Tama appelle à des marches dans tout le pays ce samedi 8 mai, pour protester contre les autorités de transition instaurées après la mort d'Idriss Déby, il y a presque trois semaines. Le Conseil militaire de transition, dirigé par le général Mahamat Idriss Déby, fils de l'ancien président, et le gouvernement qu'il a nommé par décret. Le gouvernement a expliqué vendredi que les manifestations étaient autorisées sous certaines conditions, des conditions rendant de facto illégale toute manifestation ce samedi.

« Les manifestations pacifiques sont autorisées. » Le ministère tchadien de la Sécurité publique fait un geste d'ouverture inédit, mais assorti de certaines exigences. Les organisateurs doivent annoncer le parcours, encadrer les manifestants... et déposer leur demande d'autorisation cinq jours à l'avance.

Pour montrer la bonne volonté du gouvernement, nous ne nous opposerons pas à la marche. Le gouvernement n'a qu'une seule préoccupation : apaiser le climat politique, social. Je peux vous affirmer de manière ferme et définitive que la marche aura lieu. Elle sera encadrée. Mais nous disons clairement les choses : il faut que la manifestation ne déborde pas. Si la marche déborde, les récalcitrants auront en face d'eux les forces de l'ordre...

Le porte-parole du gouvernement Abderaman Koulamallah confirme que la marche sera exceptionnellement autorisée, mais il met en garde contre tout débordemant

Des conditions qui rendent de fait illégale, aux yeux des autorités de transition, la marche organisée aujourd'hui par Wakit Tama.

La coordination citoyenne maintient pourtant son appel : Wakit Tama dénonce une décision illégale prise par des autorités illégales, dont elle conteste, justement, la légitimité. Tout comme elle conteste le soutien que leur apportent de nombreux pays, à commencer par la France.

La marche est maintenue. C'est un droit déjà pour en tant que citoyens qui ne reconnaissons pas le Conseil militaire de transition qui est mis sur pied, et en tant que cytoens qui dénonçons aussi le soutien de la France...

Alain Kemba Didah dirige le mouvement citoyen le Temps, il est l'un des responsable de la coordination Wakit Tama

Les organisateurs appellent donc les Tchadiens à manifester en nombre et pacifiquement. Ils leur demandent d'ailleurs de n'apporter aucun objet susceptible de porter atteinte à l'ordre public. Mais par leur simple présence, les marcheurs ne respecteront pas les exigences du gouvernement de transition.

Les consignes données aux forces de l'ordre seront-elles d'intervenir, coûte que coûte, pour mettre un terme à cette marche ? Ou de jouer l'apaisement, pour donner des gages à la communauté internationale qui avait unanimement condamné les violences du 27 avril ?

Cette précédente marche avait fait 15 morts selon la société civile, 6 selon les autorités, et plus de 700 arrestations.

Plus de: RFI

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