Madagascar: Vakinankaratra - Dérapage du gouverneur Vy Vato Rakotovao

Le confinement partiel édicté par le gouverneur de la région Vakinankaratra est annulé. Une décision prise suite aux émeutes qui ont secoué la ville dans la nuit de jeudi.

Une reconnaissance de tort. « Si les autorités de la région Vakinankaratra ont pris l'initiative de revenir sur leur décision, c'est qu'elles reconnaissent que ce n'est pas la bonne », déclare la ministre Lalatiana Rakotondrazafy Andriatongarivo, porte-parole du gouvernement et ministre coach de la région Vakinankaratra.

Les émeutes qui ont secoué la ville d'Antsirabe ont été un des sujets abordés par la ministre de la Communication et de la culture dans son émission hebdomadaire diffusée sur la Radio Madagasikara (RNM), hier. La porte-parole du gouvernement a condamné les troubles qui se sont déroulés dans la capitale de la région Vakinankaratra. Elle s'est également exprimée sur la décision du gouvernorat et du Centre régional de commandement opérationnel Covid-19 (CRCO), d'annuler le confinement partiel dans cette collectivité.

Le confinement partiel édicté par Vy Vato Rakotovao, gouverneur de Vakinankaratra, a mis le feu aux poudres. La décision veut que tous les commerces, notamment les marchands de rue, et les transports publics dans la région cessent leurs activités à partir de 14 heures. Mécontent de la mesure et de la manière musclée dont elle a été appliquée, témoignent certains habitants d'Antsirabe sur les réseaux sociaux, des individus se sont rebiffés.

Les contestataires ont dressé des barrages dans une rue marchande de la ville et tenté de vandaliser le chantier de la nouvelle université du Vakinankaratra et le Centre de traitement Covid-19 (CTC-19), de Vatofotsy. Des intentions qui ont amené les forces de l'ordre à réagir par des jets de gaz lacrymogène.

La porte-parole du gouvernement affirme que les troubles « ont été prémédités », et dénonce « un acte politique », de la part des courants d'opposition.

Décision excessive

Bien qu'elle ait essayé d'atténuer ses propos, elle concède, à demi-mot, cependant, une part de responsabilité des autorités de la région dont-elle est la coach dans les faits de jeudi. Descendu sur terrain dans la nuit de jeudi, Honoré Gabriel Rasamimanana, dit docteur Unoh, maire de la commune urbaine d'Antsirabe, a également pointé du doigt la décision du gouvernorat.

« Certes, il y a l'argument technique qui est de limiter les marges de propagation du coronavirus. Seulement, il y a des paramètres connexes qu'il faut prendre en compte dans les prises de décision. Nous ne pouvons pas faire abstraction des activités économiques et des habitants », réagit l'élu.

« Les autorités doivent faire preuve de mesure et de parcimonie dans leur prise de décision. Il faudrait s'en tenir aux mesures édictées par le président de la République », ajoute le maire Rasamimanana. La région Vakinankaratra figure dans la liste des circonscriptions placées en quarantaine, Ceci, en raison de la hausse des cas de contamination à la Covid-19.

Seulement, l'État central n'y a pas décrété le confinement. La seule région où un confinement partiel est appliquée est Analamaga. Cette dernière est l'épicentre de cette deuxième vague de propagation du coronavirus. Afin de préserver les activités économiques et éviter d'attiser une tension sociale, pourtant, l'État n'impose le confinement que le week-end.

Aussi, la décision prise par le gouvernorat de Vakinankaratra est considérée par plusieurs observateurs comme excessive vis-à-vis de la situation sanitaire sur place, mais aussi, la conjoncture socio-économique.

Certes, le président de la République permet aux gouverneurs de prendre d'édicter des mesures sanitaires selon l'évolution de la situation dans leur région respective. Seulement, les décisions ne devraient pas aller au-delà de la ligne directrice qu'il annonce au début de chaque période d'état d'urgence sanitaire.

Les actes excessifs tels que ceux pris par les autorités du Vakinankaratra créent une certaine confusion au sein de la population qui s'en tient aux mots du discours présidentiel. Ces dissonances compliquent, d'autant plus, la gestion de la crise sanitaire en renforçant la grogne sociale.

Plus de: L'Express de Madagascar

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