Ethiopie: La Commission des droits de l'homme alerte sur le traitement des détenus en Oromiya

L'état de droit n'est pas respecté pour les prisonniers dans la région de l'Oromiya, en Ethiopie. C'est la conclusion d'un rapport publié jeudi par la Commission éthiopienne des droits de l'homme, une institution semi-publique dirigée par un ancien responsable de l'association Human Rights Watch. L'institution exprime sa « sérieuse inquiétude » sur le traitement des détenus. Elle se dit « alarmée » par les conditions de détention constatée et pense que « de graves violations des droits de l'homme ont été commises ».

Les observateurs de la Commission des droits de l'homme se sont intéressés aux personnes arrêtées dans le cadre de ce que les autorités appellent la « situation actuelle », c'est à dire les détenus politiques. Et particulièrement, dit la Commission, ceux arrêtés suite à l'assassinat du célèbre chanteur oromo Hachalu Hundessa, l'année dernière.

Les observateurs ont donc rencontré des prisonniers jamais formellement inculpés et jamais présentés à la justice. Certains étaient encore détenus alors qu'un tribunal avait ordonné leur libération. D'autres ont raconté avoir été battus par la police, certains ayant des blessures ouvertes ou des handicaps physiques dus à ces violences.

Il leur a également été fait état d'arrestations de familles entières de suspects et de corruption des policiers, en contrepartie de largesses. Des femmes ont été vues dans toutes les cellules visitées, parfois avec leurs enfants en bas âge, ainsi que des prévenus âgés de 9 à 18 ans, et tout cela dans des conditions d'hygiène et de promiscuité insoutenables.

Dans sa réponse aux conclusions de la Commission, le procureur général de l'Oromiya a cependant déclaré que des enquêtes avaient été diligentées mais qu'aucune violation des droits n'avait été relevée.

Sur la question des droits de l'homme en Ethiopie, l'agence Reuters a publié vendredi une longue enquête sur la situation difficile des Tigréens dans le pays depuis le début du conflit dans leur province natale, sous le prétexte de lutte contre l'influence du TPLF. Elle détaille les arrestations arbitraires et les brimades dont sont victimes les Tigréens dans la rue, dans le travail comme dans l'administration.

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