Sénégal: Lutte contre la Covid-19 - Les masques « tombent » encore

Depuis plusieurs semaines, la courbe de contamination à la Covid-19 baisse au Sénégal. Une situation qui provoque une négligence dans le respect des mesures barrières. Dans les rues, marchés et établissements scolaires, les masques sont « tombés ».

En cette matinée de mardi fin avril, d'un climat frisquet et poussiéreux, de jeunes élèves pressent le pas sur la passerelle reliant le quartier Lansar de la commune de Tivaouane-Diacksao au camp militaire de Thiaroye. Des gamins de 10 ans aux lycéens de 19 à 22 ans, marchent en petits groupes. Les couleurs des blouses, vert pour le Cem les Martyrs, rose pour le Lycée de Thiaroye et le Cem Thiaroye 44 facilitent l'identification et permettent de deviner leurs chemins. Les visages alliant sourire et fermeté se sont départis des masques pour la plupart d'entre eux. Celui de Fatou Gaye est « tombé » depuis plusieurs semaines. La fille de teint noir, voile à la tête, a l'impression d'être déjà passé à l'ère post-Covid 19. « La plupart d'entre nous mettaient les masques car les professeurs l'exigeaient. Maintenant, ce n'est plus le cas. En classe ou dans les maisons, j'ai le sentiment que la Covid-19 est derrière nous », lâche la jeune écolière, pressée de rejoindre ses deux camarades, sur le chemin de l'école.

Dans l'après-midi du mercredi 28 avril, les femmes, paniers ou sacs à la main, se bousculent devant les vendeurs de légumes du marché de Thiaroye « Rail bi », au moment où les tricycles se disputent la chaussée avec les véhicules de transport en commun. En robe rouge, foulard noir sur la tête, Arame Thiam commande des kilogrammes de pomme de terre, d'oignon et un sachet de pâte. Pendant qu'Ousmane Dia pèse la marchandise, la dame fouille son portefeuille, puis tend un billet de 10.000 FCfa au commerçant. Échangeant des propos à une distance de moins de deux mètres, les deux interlocuteurs n'ont pas de masque. Une négligence dans le respect des mesures barrières qu'Arame justifie par la baisse de la courbe de contamination. « J'ai oublié de mettre mon masque. J'avoue que nous ne sommes plus rigoureux comme avant. Avec la baisse des cas de contamination, les risques sont moins élevés. Et les gens se sont relâchés. D'ailleurs, les agents de Police ne font plus de ronde pour rappeler à l'ordre », constate Arame, visage illuminé par un large sourire.

Derrière son comptoir, bonnet bleu sur la tête, Ousmane parle d'un manque de rigueur généralisé. « Dans les boutiques, dans les véhicules, personne ne porte de masque. Les forces de l'ordre qui veillaient au respect des mesures barrières, n'interviennent plus. Certains pharmaciens, très regardants au début, n'exigent plus de masques aux clients. La baisse des cas a provoqué une négligence dans le respect des mesures barrières », analyse Ousmane.

Les prix chutent

Au milieu d'un groupe de jeunes femmes, Astou Fall met en avant ses talents en marketing. Les mains couvertes de gants, elle brandit un carton de masques et puis s'égosille. « Les prix sont cassés. Trois masques à 100 FCFA. Vous ne le verrez nulle part ailleurs », s'époumone-t-elle. Une baisse imposée, selon elle, par la faiblesse de la demande. « Au début de la Covid-19, avec la forte demande, le masque chirurgical se vendait à 500 FCfa puis à 200 FCfa. Comme les gens n'en achètent presque plus, nous sommes obligés de brader la marchandise à 50 FCfa et même les trois pièces à 100 FCFA », avoue-t-elle, debout entre deux véhicules.

Abdourahmane Faye a fait le même constat. Distributeur de journaux, il a investi le business des masques depuis le début de la pandémie. Aujourd'hui, avec le relâchement dans le respect des mesures barrières, il se désole de devoir casser les prix. « Actuellement, nous ne pouvons plus vendre un masque à 100 FCfa. Les clients nous proposent 25 ou 50 FCfa. À ce rythme, je serai obligé d'arrêter et de me tourner vers d'autres marchandises plus prisées », prévoit le jeune homme. Demba DIENG

Plus de: Le Soleil

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