Sénégal: Kolda / Oisiveté des jeunes au Fouladou - Un quotidien qui rime avec difficultés et galères

Combien sont-ils ces jeunes diplômés ou non a squatter au quotidien le toit familial sans revenus fixes ? Difficile de trouver des statistiques à Kolda et au Fouladou. Reste qu'au quotidien, c'est la galère.

Mamadou en est un exemple. Revenu de l'université avec une Licence en poche, parce que non retenu pour le Master, il utilise les motos Jakarta d'un ami pour trouver de quoi acheter du thé. Il est amer : «à quoi peut servir une Licence en Lettres Modernes dans un pays comme le nôtre ? Il faut revoir l'enseignement et privilégier la formation professionnelle», peste-t-il. A Kolda, les centres de formations existent. Mais, il n'y a aucune rigueur dans les centres publics. «Il faut imposer la rigueur dans ces centres et prendre en stage rapide dans le domaine de l'élevage ou l'agricole les jeunes, pour faire face au chômage», poursuit-il.

Sekou aussi, originaire d'un village du département de Médina Yéro Foulah, est titulaire d'une Maîtrise en Géographie. Il scrute chaque jour les moindres opportunités, sans succès, pour l'instant. Au village, la pression est énorme, ses jeunes frères ont leurs épouses et des enfants. Et lui l'ainé, brillant à l'école, ne souhaite pas fonder un foyer sans un boulot. Il subit les quolibets de ses cousins qui l'acculent au quotidien : «tu risques de vieillir sans femme».

Toutefois, les jeunes commencent à s'intéresser à l'agriculture. Les bonnes productions du secteur, notamment l'arachide et d'autres céréales, attirent les sans emploi. Mais l'accompagnement reste encore très faible voire désordonné. Des sessions de formation et autres crédits campagnes pourront compléter les efforts de l'Etat qui a réglé les problèmes de mises en place à temps et partout des intrants. Le ministre de l'Agriculture et de l'Equipement rural a reçu une délégation de l'ODCAV de Kolda, conduite par son président Tall, dans ce sens. Le travail se poursuit pour permettre à tout jeune souhaitant aller au champ de le faire avec des chances de succès. Autre créneau aux fortes potentialités au Fouladou, l'élevage.

Les possibilités sont encore énormes, mais l'élevage extensif a atteint ses limites. La question de l'eau et de l'alimentation du bétail en saison sèche démoralise plus d'un. Le ministère de l'Elevage et de la Productions animale ne parvient pas à lancer d'importants programmes pour abreuver le bétail en cette période de saison sèche. Toutes les mares d'eau tarissent ; aucun effort n'est fait pour aménager ces mares pourtant importantes pour l'écosystème. Même la faune sauvage est décimée. Présentement, les éleveurs sont obligés de puiser dans des puits traditionnels profonds pour abreuver leurs vaches. Des efforts sont attendus notamment des investissements pour ce secteur et la formation continue des acteurs pour attirer plus de jeunes.

L'ERREUR A EVITER DANS LE COMBAT POUR L'EMPLOYABILITE DES JEUNES

Les déclarations récentes des autorités sur l'emploi des jeunes sont encore versées dans le sac des promesses. Et M. Niodo Mballo, un ingénieur agronome à la retraite ayant beaucoup travaillé sur le terrain, met en garde contre une des erreurs à éviter dans le combat pour l'employabilité des jeunes : c'est de créer et de responsabiliser des agences pour gérer les fonds alloués aux projets. Les dépenses de fonctionnement, les salaires et autres dépenses liées aux logistiques prennent, à elles seules, une bonne partie des financements. Les détournements, la corruption et la gabegie aidant, on se trouve toujours au point de départ. Rarement le bilan des expériences antérieures ne sont tirés pour servir d'exemple. Reste que le seul secteur qui peut aider les jeunes, dans ce combat, c'est l'agriculture. La réflexion sur la formation, l'accompagnement et les infrastructures notamment pour l'élevage devront être pris en compte pour faire décoller une région à fortes potentialités, mais toujours à la traine.

Plus de: Sud Quotidien

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