Sénégal: Dr Mohamadou Ibnou Arabe Konteye, sociologue - «Penser de plus en plus à l'entrepreneuriat»

Il est toujours difficile pour un jeune d'arriver à l'âge de 25 ans sans avoir de l'emploi. Sur le plan social, le travail permet d'avoir plus de responsabilité.

A 25 ans, on est à l'âge où on commence à gérer, on pense à se marier, à fonder une famille. Si on n'a pas de boulot, ça peut créer une certaine pression au sein de la famille et de l'entourage. Quand on reste sans emploi jusqu'à un certain âge, forcément cela va avoir des conséquences. On est dans une société où les gens sont parfois dans des considérations qu'on doit dépasser.

L'Etat ne peut pas donner de l'emploi à tous ceux qui arrivent sur le marché du travail et aussi tout le monde ne peut pas et ne doit pas aller dans des bureaux. Par contre, c'est à charge pour l'Etat de créer les conditions d'un environnement favorable à la création et au développement des emplois. L'Etat doit aussi créer et encourager les formations qui facilitent l'employabilité des jeunes. Au Sénégal, comme ailleurs, nous sommes dans une société où les questions de l'emploi constituent un sérieux problème. Chaque année, des nouveaux diplômés arrivent et de manière exponentielle. Du coup, ce que les gens doivent faire aujourd'hui, c'est penser à partir d'eux-mêmes, penser de plus en plus à l'entrepreneuriat, d'un côté, et, d'un autre, ils ne doivent pas sous-estimer un travail.

L'Etat a certes une responsabilité sur le chômage des jeunes mais, il ne peut pas donner de l'emploi à tout le monde. Partout où vous allez, dans tous les pays du monde, il y a un problème d'emploi. Tous ces jeunes qui arrivent à un certain âge, diplômés, avec des connaissances et compétences ne doivent pas être des attentistes. S'ils ont déposé dans des entreprises sans réponse, ils ne doivent pas rester les bras croisés en disant à qui veut les entendre qu'ils sont diplômés. Ils doivent chercher du travail, ils doivent savoir se débrouiller aussi. Ces emplois que les jeunes refusent de faire ici dans leur pays, par honte ou crainte d'être jugé, ils vont les faires une fois qu'ils seront dehors. Quand on fait des études poussées pour avoir des connaissances et des compétences, il faut aussi savoir gérer sa vie, savoir apporter une valeur ajoutée à la société.

Cette valeur ajoutée qu'on rapporte à la société, on peut la faire valoir à travers l'État, on peut aussi la faire valoir à travers des privés ou par nous-même à travers l'entrepreneuriat. Il faut toujours se demander qu'est-ce qu'on peut faire pour être utile à la société, qu'est-ce qu'on peut apporter à son pays. Ces diplômés sans emploi qui restent chez eux dans une posture d'attente peuvent créer de la frustration chez leurs parents qui ont peut-être fait beaucoup de sacrifices dans les études de leurs enfants. Ils peuvent ne pas comprendre cette attente. Enfin, nous sommes aussi dans une société d'apparence.

La Quête permanente de biens matériels est la cause des tous ces problèmes. Les gens veulent vivre aussi de leurs moyens, leur revenu est parfois bien inférieur à leur type de vie. Ils se créent des vies qui sont à l'opposé de leur réalité. C'est ce qui pousse certains jeunes des fois à vouloir quitter le pays à tout prix pour juste leur ressembler

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